Femmes de l’industrie: rencontre avec Anik Trudel, VP principale et Directrice générale de Citoyen Optimum Reviewed by Aurore Le Bourdon on . La femme de ce mois-ci est Anik Trudel, vice-présidente principale et Directrice générale de Citoyen Optimum. Ensemble, nous avons parlé zone de confort, maîtri La femme de ce mois-ci est Anik Trudel, vice-présidente principale et Directrice générale de Citoyen Optimum. Ensemble, nous avons parlé zone de confort, maîtri Rating: 0

Femmes de l’industrie: rencontre avec Anik Trudel, VP principale et Directrice générale de Citoyen Optimum

La femme de ce mois-ci est Anik Trudel, vice-présidente principale et Directrice générale de Citoyen Optimum. Ensemble, nous avons parlé zone de confort, maîtrise du destin et gestion du temps. Entrevue avec une femme discrète et profondément humaine. 

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Vous affichez une très belle carrière: pouvez-nous nous donner les grandes lignes de votre parcours professionnel?

Anik Trudel: j’ai commencé ma carrière en droit (Barreau 88) et j’ai eu la chance de travailler dans un cabinet de grande envergure, Stikeman Elliot, qui m’a appris l’excellence et la rigueur. J’y ai débuté comme stagiaire, et j’y suis restée 20 ans! Associée dans le département de  litige, je plaidais donc en cour et, bien que cela me sortait au point de départ totalement de ma zone de confort, j’ai persisté car selon moi, courage et prise de risques valent mieux que le statu quo! J’ai donc travaillé très fort pendant ces 20 premières années de ma carrière, dans un milieu de haute performance majoritairement composé d’hommes, et où j’ai dû tailler ma place en tant que femme.

En 2006, alors que j’étais au début de la quarantaine, j’ai fait un grand saut dans le vide: j’ai décidé de me lancer, suite aux conseils d’une très bonne amie avec qui je me suis associée, dans le coaching et la marque employeur. Je me suis certifiée en programmation neuro-linguistique (PNL) et j’ai adoré ça! En partant en affaire, je recommençais à zéro et même si j’ai vraiment aimé tout faire, tout apprendre, j’ai compris que j’étais plutôt intrapreneure qu’entrepreneure.

Ainsi, en 2008 j’ai intégré Edelman, un cabinet international de relations publiques, où je suis restée 7 ans. J’ai réellement appris le métier de communicateur et la gestion d’enjeux là-bas, tout en obtenant très rapidement des fonctions de gestion. J’ai donc très vite pris la tête du bureau de Montréal, et j’ai beaucoup apprécié travailler dans ce milieu qui valorisait la promotion des femmes: c’était un vrai changement pour moi de n’avoir plus à justifier mon existence en tant que femme dans le milieu du travail!

Ensuite j’ai souhaité faire un passage du côté client, ce que j’ai fait pendant un an en tant que VP Communications Corporatives chez Gildan. Je me suis alors rendue compte que j’étais vraiment une consultante dans l’âme, servir le client et la diversité des mandats me manquaient. Et puis Citoyen Optimum se cherchait un DG, et moi je suis littéralement tombée en amour avec la culture de l’organisation, très collégiale, créative et humaniste.

Cela fait un an que j’occupe ce poste et je suis très heureuse d’être à la fois proche du monde de l’agence publicitaire, tout en faisant du conseil stratégique et des communications intégrées, et en oeuvrant dans une entreprise pan-canadienne: pour moi, c’est le mix parfait.

On comprend que vous aimez beaucoup votre travail: qu’est-ce qui vous plaît le plus et à l’inverse, qu’est-ce qui vous demande le plus d’efforts?

Anik Trudel: il y a beaucoup de choses que j’adore dans mon travail mais ma chance c’est de côtoyer une équipe extraordinaire au quotidien! J’aime aussi la diversité des dossiers que nous traitons.

En revanche, tout ce qui touche à la gestion pure et dure, tout ce qui est très «terrain» finalement, j’ai appris à l’intégrer, mais c’est une contrainte, il faut vraiment que je me parle. Je préfère les relations interpersonnelles, avec mes clients, mes collègues ici et ailleurs au Canada, et de mettre en œuvre la vision à long terme de l’organisation… Ça c’est merveilleux.

Avez-vous toujours souhaité occuper des postes de gestion?

Anik Trudel: la gestion, c’est n’est pas fait pour tout le monde, c’est un métier qui s’apprend mais qui est également très lié à la personnalité du gestionnaire. J’ai pour ma part vite su que je souhaitais occuper des postes de gestionnaire. Je me suis donc arrangée pour que ça arrive, mais j’ai aussi eu la chance que les gens m’aient donné des opportunités pour le faire et me fassent confiance.

Trouvez-vous que ce type de postes à responsabilité soient plus difficiles à obtenir pour des femmes?

Anik Trudel: bien que je sois très au fait des statistiques et de la réalité, j’ai une philosophie personnelle sur le sujet qui veut que chacun est maître de sa destinée. De mon expérience, et dans mon industrie, je pense qu’il n’y a pas grand chose d’impossible si on y met la passion, le coeur, l’attention et la détermination nécessaires.

Je crois beaucoup en l’égalité et je pense que c’est une réalité que vivent la plupart des organisations de notre industrie. Bien sûr ce n’est pas partout pareil et c’est donc important que des initiatives comme la Gouvernance au Féminin, le mouvement de l’Effet A ou encore le coaching à la Jeune Chambre de commerce de Montréal prennent place. J’estime que ce qui fait la richesse d’une entreprise, c’est la diversité au sens large.

Comment gérez-vous votre emploi du temps très chargé avec votre vie de famille?

Anik Trudel: j’ai remarqué que plus on est occupé, plus on est organisé, tout simplement parce qu’on n’a pas le choix! [rires] J’ai toujours eu un agenda hyper intense car je suis très impliquée socialement, notamment dans des fondations liées à la culture. Je siège aussi comme présidente du conseil du Port de Montréal. Ces activités sont très importantes car elles permettent, selon moi, de nourrir la créativité et douvrir les esprits, en plus d’avoir un impact sociétal.

J’ai toujours travaillé fort, au point d’être qualifiée par certains de «workaholic», mais c’est un état d’esprit: que l’on travaille 30 ou 70 heures par semaine, ce qui compte selon moi, c’est la qualité de notre présence. C’est ce qui fait que l’on aura de l’énergie ou pas, que l’on sera stressé ou pas, frustré ou pas.

Personnellement, je vois ma vie comme un fil en continu, ce qui me donne une certaine latitude pour prendre le temps de faire tout ce que j’ai à faire, au travail comme en dehors. Je module mon temps, ce qui m’est nécessaire car je suis curieuse et j’aime toucher à tout. Je pense néanmoins qu’il n’existe pas de formule magique applicable à tout le monde: chacun fonctionne différemment, il est donc essentiel de bien se connaître, de s’écouter – et d’écouter les autres, aussi.

Quels conseils donneriez-vous à une jeune femme en début de carrière?

Anik Trudel: comme je le disais plus tôt, il faut intégrer le fait que l’on est seul maître de sa destinée. Une fois que l’on a compris ça, on réalise que l’on a davantage de pouvoir, ce qui aide grandement à filtrer ses choix et à réduire les éventuelles frustrations.

L’autre grand principe qui m’a beaucoup aidée professionnellement, c’est d’accepter de sortir de sa zone de confort – et chacun a la sienne. Cela commence par des petites choses comme par exemple, je prends chaque matin un chemin différent pour me rendre au bureau. C’est tout simple, mais ça m’oblige à être plus alerte, plus observatrice. La curiosité va avec ça: il faut pousser là l’on n’irait pas nécessairement d’ordinaire.

Enfin, et là c’est la sagesse qui parle, mais je trouve que les femmes sont trop exigeantes avec elles-mêmes – les hommes aussi, mais ils le verbalisent moins. Mon Dieu que l’on peut s’en mettre sur le dos! Il faut alléger cette pression, et cela peut passer par l’aide d’un mentor, d’un guide, d’un psy, d’un ami… Peu importe la source finalement, mais c’est bon d’avoir quelqu’un pour nous dire quand un break est nécessaire.

Quelles qualités faut-il, selon vous, pour occuper un poste tel que le vôtre?

Anik Trudel: la première qualité, lorsque l’on occupe un poste de direction, c’est l’humanisme. Je pense que sans humanité profonde, il est très difficile d’être un bon gestionnaire. Ça prend une vision, de la générosité, et l’envie d’aider l’organisation et les gens qui la composent à évoluer et se transformer.

Je pense que ça prend aussi un certain courage managérial car parfois, un gestionnaire doit prendre des décisions difficiles et annoncer de mauvaises nouvelles. Mais si on le fait dans l’intérêt de l’organisation et des personnes, chacun peut être trouver son compte.

Enfin, je dirais qu’il faut de la discipline pour occuper ce genre de poste, et ce n’est pas quelque chose qui est dans mon tempérament. Donc je me l’impose, surtout pour le bénéfice des autres. Je dois contrôler mon petit côté délinquant! [rires]

À date, quel regard portez-vous sur votre carrière?

Anik Trudel: j’ai été hyper chanceuse, lorsque je regarde en arrière, je me pince! Bien sûr, on crée sa chance mais quel bonheur d’avoir pu évoluer dans des milieux aussi stimulants et enrichissants. J’ai été entourée de gens incroyablement intelligents, le top dans leurs catégories. Je ne sais pas ce qui s’en vient mais ce qui s’est passé jusqu’ici est quand même extraordinaire, je ne regrette rien du tout !

A propos de l'auteur

Aurore Le Bourdon
Responsable des contenus

Responsable des contenus d'Isarta Infos, Aurore Le Bourdon a travaillé dans les services de Communication/Marketing de firmes internationales et en agences de publicité. Elle a aussi été journaliste pigiste pendant plusieurs années pour des mandats corporatifs ou pour la presse française. Elle est titulaire d'un baccalauréat en langues étrangères et de deux maîtrises: l'une en Marketing et Gestion des entreprises, l'autre en Communications Corporatives.

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