FailCamp 2017: gloire aux échecs passés Reviewed by Philippe Jean Poirier on . Le 16 juin prochain aura lieu à Montréal la conférence entrepreneuriale FailCamp qui met l’échec à l’honneur. Voici un petit palmarès des échecs les plus specta Le 16 juin prochain aura lieu à Montréal la conférence entrepreneuriale FailCamp qui met l’échec à l’honneur. Voici un petit palmarès des échecs les plus specta Rating: 0

FailCamp 2017: gloire aux échecs passés

Le 16 juin prochain aura lieu à Montréal la conférence entrepreneuriale FailCamp qui met l’échec à l’honneur. Voici un petit palmarès des échecs les plus spectaculaires tirés des éditions passées, pour se mettre dans le bain de la conférence à venir.

12 juin 2017

Ces chiffres sont connus des entrepreneurs: environ 80 % des entreprises franchissent la première année, seulement 50 % fêteront leur 5anniversaire. Dans le secteur du capital de risque, les anges investisseurs s’attendent à ce que 10 % des projets qu’ils financent connaissent le succès; les autres s’écraseront lamentablement.

C’est pourquoi certains entrepreneurs s’y prennent à 2, 3, 4 reprises avant de trouver la formule gagnante. C’est pourquoi il vaut la peine de dédramatiser l’échec entrepreneurial, si on veut continuer d’avancer.

Voici 4 professionnels qui ont osé mettre leurs tripes sur la table pour raconter un échec retentissant.

1. Philippe Bertrand, entrepreneur en série (Sherbrooke 2016)

Se décrivant comme un excellent vendeur, développeur et même un visionnaire, c’est lui qui a convaincu le Groupe Spectacles Gillett (devenu evenko) de faire des préventes en ligne. Pour «roder» l’affaire, ils ont tenté l’expérience avec rien de moins qu’un spectacle de U2.

Catastrophe, dit Philippe Bertrand. Les serveurs ont sauté. Par contre, ça a fait un buzzword mondial. Tout le monde a ri du Groupe Spectacles Gillett, et de moi. Par contre, sur la planète… On parlait de la petite compagnie qui l’avait essayé.»

Cet échec a donné à Philippe Bertrand la légitimité de dire qu’il avait désormais une expérience dans le domaine.

On l’a planté celle-là, concède-t-il. Mais la prochaine fois, ça va marcher. Parce qu’on a compris où était le problème. Faut que tu testes les choses… Faut avoir un échec, pour que ça marche! La première ampoule électrique, elle n’a pas marché d’un coup. Ça a pris plusieurs essais.»

Que retient-il de cette expérience?

Tu tombes, relève-toi. C’est ce que je veux inculquer à mes enfants. Des claques sur la gueule, on va tous en recevoir dans nos vies professionnelles […] Les gens vont se rappeler d’une chose, ta capacité à te relever debout. Et de la vitesse à laquelle tu te relèves debout.»

2. Géraldine Martin, ancienne rédactrice en chef du magazine Les Affaires (Montréal 2015)

La honte! En 2015, l’équipe du magazine Les Affaires a dû remanier la une pour une énième fois, tard le soir, juste avant de mettre sous presse. En relisant une ultime fois le grand titre: «Entrepreneuriat social, c’est partit! » avec le «t» de trop… personne n’a bronché. Plus de 250 000 «fidèles lecteurs» ont reçu l’édition le lendemain. La coquille a fait le tour du Net, agaçant au plus haut point un milieu des affaires conservateur.

Dans sa conférence, Géraldine Martin a raconté comment l’équipe s’est relevée d’une telle bourde en répondant personnellement à chaque client pendant toute la semaine qui a suivi, puis en faisant preuve d’autodérision dans le numéro subséquent, avec un bandeau commandité par le logiciel de correction Antidote qui rappelait l’importance de toujours relire 2 fois!

Je dois dire que l’accueil a été extraordinaire, mentionne Géraldine Martin, en parlant du numéro suivant. Les gens nous ont écrit pour nous dire bravo. Et j’ai senti qu’on avait été pardonnés […] Les gens à l’interne se sentaient coupables. Mais ça a créé une énergie, et on a réussi à démontrer qu’on était capable de rebondir. Et qu’une faute ne peut pas juste rester une faute

3. Jeff Lee, marketeur (Québec 2016)

Toujours à la recherche du gros coup, d’un projet qui pourrait «devenir une carrière», Jeff Lee a eu en 2013 une vision nommée Marmelades, soit une application qui pourrait ouvrir un livre numérique et créer des hyperliens contextuels avec tous les mots du texte.

Moi, je m’occupe du marketing. Et dans le fond, j’ai spinné ce projet-là comme si c’était mon dernier […] On a fait le cover de La Presse – Affaires pendant C2M. Tout le monde me demandait ce qui se passait avec Marmelades.»

Le problème, c’est que Jeff Lee et son équipe ne maîtrisaient aucunement la technologie pour lancer une telle application. Quelle leçon tire-t-il de ce qu’il considère être le «plus gros échec de sa vie»? Ne pas vendre la peau de l’ours avant de l’avoir tué… Ironique, souligne-t-il lui-même, puisque le logo de la start-up était un ours!

4. Austin Hill, ange investisseur (Montréal 2014)

Le plus surprenant des échecs est sans doute celui que l’ange investisseur Austin Hill a raconté à la conférence de Montréal en 2014. Âgé d’à peine 16 ans, le jeune surdoué qui plus tard fondera un des premiers fournisseurs d’Internet au Canada (Total.Net) avait trouvé le moyen de faire une fortune en misant sur «la stupidité des Canadiens».

En se présentant sous le couvert d’une firme de sondage, il avait acheté à crédit de la publicité proposant de gagner de 400 à 600 $ dollars pour «regarder son show de télévision préféré et l’évaluer». La condition: d’abord suivre une formation de 49 $ longue et compliquée que personne ne termine. Angel Austin a amassé 100 000 $ en le temps de le dire.

Mais il a frappé un mur quand une amie lui a fait le commentaire suivant:

Tu es l’une des personnes les plus brillantes que j’ai jamais rencontrées dans ma vie et c’est vraiment, mais vraiment très triste que ton plus grand accomplissement, ce soit ça.»

Sa réaction:

J’ai commencé à réfléchir au sens de ce que je faisais plutôt que de simplement essayer de faire de l’argent. Depuis, dans chacune de mes entreprises, j’ai fait plusieurs erreurs, mais j’ai toujours eu une vision pour comment je pouvais rendre le monde meilleur. Je n’ai plus eu à m’excuser depuis.»

FailCamp 2017

Conférenciers: Alexandre Taillefer, Yolande James, Simon De Baene et autres invités

16 juin 2017, Montréal

A propos de l'auteur

Philippe Jean Poirier

Philippe Jean Poirier est un journaliste indépendant qui se passionne pour les mots, l’écriture, la recherche, la collecte de témoignages, les tendances sociétales et les raisons souterraines qui alimentent l’actualité. Mandats actuels: recherche d’emploi, vie au travail, TI, finances personnelles, tourisme, famille et vélo.

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