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Le problème avec le mentorat masculin

Si les hommes sont de mauvais mentors – particulièrement auprès de la gent féminine -, c’est parce qu’ils sont peu doués pour l’écoute active et qu’ils sont trop dans le savoir-faire.

1er février 2018

C’est le discours tenu par les professeurs américains W. Brad Johnson (psychologie) et David G. Smith (sociologie) dans l’édition de janvier du Harvard Business Review.

Les 2 chercheurs partent du constat suivant:

Premièrement, tous les mentors ont l’inclinaison de vouloir façonner leur protégé à leur image. Cela étant, ils – souvent inconsciemment – poussent les mentorés à poursuivre une carrière et à prendre des décisions personnelles et professionnelles identiques aux leurs.»

Bien que ce soit vrai des hommes et des femmes mentors, notre expérience nous montre que [ce mauvais réflexe] est plus difficile à surmonter pour les hommes mentors en raison de la manière dont les hommes et les femmes apprennent à socialiser […]»

Les femmes seraient axées sur le relationnel («relationship-oriented»), disent les chercheurs, alors que les hommes auraient une approche axée sur les résultats («task-oriented»). En d’autres mots, les femmes miseraient sur le savoir-être, tandis que les hommes seraient dans le savoir-faire.

Le résultat:

Pendant la conversation, les hommes ont tendance à chercher des astuces ou des solutions avec le mentoré, plutôt que de prendre le temps de l’écouter, de le comprendre et d’apprécier sa perspective.»

Le modèle de Michelangelo

Les chercheurs en conviennent eux-mêmes: il s’agit d’une «généralisation». Il n’en demeure pas moins que plusieurs hommes mentors éprouvent réellement de la difficulté à prendre du recul devant une impasse ou un problème exposé par un mentoré.

C’est pourquoi les chercheurs ont imaginé un modèle de mentorat basé sur la philosophie du grand sculpteur Michelangelo. L’artiste de la Renaissance avait la qualité de voir dans un matériau brut l’œuvre d’art qui sommeille en dessous. W. Brad Johnson et David G. Smith proposent d’appliquer cette vision au mentorat (une telle notion existe aussi dans le champ des relations de couple, voir ici).

L’idée se résume ainsi:

Un bon mentor aide le soi idéal du mentoré à s’affirmer […]»

Dans cette optique, le mentor doit faire preuve d’humilité et fuir les idées préconçues liées au genre, afin de se mettre réellement à l’écoute de son mentoré. Quelles sont ses forces, ses faiblesses, ses ambitions.

Des gains pour tous

Pourquoi se donner la peine de revisiter le mentorat masculin? D’une part, parce qu’il est démontré que les femmes éprouvent plus de difficulté que les hommes à trouver un mentor pour faire progresser dans leur carrière.

D’autre part, parce que c’est toute une organisation qui en profite, lorsqu’une femme reçoit le soutien qu’elle mérite dans l’avancement de sa carrière:

Plus les femmes auront du succès, s’intègreront et assumeront des rôles de direction dans n’importe quelle organisation ou contexte de travail, plus la culture deviendra plus égalitaire, efficace et propice à retenir les meilleurs talents», concluent les chercheurs.

A propos de l'auteur

Philippe Jean Poirier

Philippe Jean Poirier est un journaliste indépendant qui se passionne pour les mots, l’écriture, la recherche, la collecte de témoignages, les tendances sociétales et les raisons souterraines qui alimentent l’actualité. Mandats actuels: recherche d’emploi, vie au travail, TI, finances personnelles, tourisme, famille et vélo. Courriel: pj_poirier@isarta.com

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