Femmes de l’industrie: rencontre avec Priya Chopra, PDG et fondatrice de l’agence 1Milk2Sugars Reviewed by Aurore Le Bourdon on . Isarta Infos dresse ce mois-ci le portrait d'une jeune entrepreneure, maman de trois enfants: Priya Chopra, la PDG et fondatrice de l'agence de RP 1Milk2Sugars. Isarta Infos dresse ce mois-ci le portrait d'une jeune entrepreneure, maman de trois enfants: Priya Chopra, la PDG et fondatrice de l'agence de RP 1Milk2Sugars. Rating: 0

Femmes de l’industrie: rencontre avec Priya Chopra, PDG et fondatrice de l’agence 1Milk2Sugars

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Isarta Infos dresse ce mois-ci le portrait d’une jeune entrepreneure, maman de trois enfants: Priya Chopra, la PDG et fondatrice de l’agence de RP 1Milk2Sugars. Nous évoquons ensemble sa carrière, sa vie de famille et la nécessaire résilience des chefs d’entreprise.

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Vous êtes à la tête de l’agence 1Milk2Sugars: racontez-nous les grandes lignes de votre parcours. 

Priya Chopra: j’ai toujours su que je voulais être entrepreneure. Studieuse, je suivais des cours en marketing, en gestion d’entreprise, etc. : j’adorais ça. Et puis j’ai décidé de suivre le programme Co-op, de l’Université Concordia, qui permet de travailler pendant ses études. Ça prend plus de temps pour obtenir son diplôme, mais on gagne en expérience professionnelle. J’ai eu la chance d’effectuer un stage chez L’Oréal, en PR pour la division Luxe, à Toronto. J’ai beaucoup appris, j’ai adoré cette expérience. Puis je suis partie un an à Milan et en rentrant à Montréal, je m’interrogeais sur la suite à donner à ma carrière. J’ai finalement décidé, en 2004, de partir mon agence de consultation en communication avec deux autres partenaires: 1Milk2Sugars. Puis, en 2009, nous nous sommes séparés. J’ai alors pris seule les rênes de l’agence, que j’ai entièrement repensé. Une sorte de renaissance: pour moi, c’est cette année-là que mon entreprise a réellement vu le jour.

Cela correspond également à l’arrivée de votre premier enfant: comment avez-vous géré ces deux challenges de front? 

Priya Chopra: je ne peux pas dire que c’était facile. L’agence en était à ses débuts, nous étions alors en pleine croissance, et surtout bien moins stables. Je me souviens que, dès que ma petite fille s’endormait, je me mettais sur l’ordinateur pour travailler. Je n’ai pas eu de congé de maternité. Les siestes, le repos, relaxer avec son bébé… Je n’ai pas connu ça. C’était épuisant. J’ai également très vite repris le travail après la naissance de mon deuxième enfant: je les amenais souvent au bureau avec moi, pas le choix! Pour le troisième, qui est né il y a 6 mois, c’est plus simple car l’agence est plus établie, et j’ai appris avec le temps à déléguer. Mais d’une façon générale, je pense que les femmes ne devraient pas hésiter entre carrière et vie de famille: ce n’est pas facile, mais on trouve toujours un moyen pour y arriver.

Quel est votre secret pour y arriver, justement ? 

Priya Chopra: comme je le disais, c’est d’apprendre à se mettre un peu en retrait pour laisser la place à ses équipes. Quand on a une petite entreprise, on peut facilement se laisser submerger car tout repose sur nous. Il faut apprendre à déléguer, à faire confiance à ses équipes et à encourager les clients à faire de même. Ce n’est pas un processus facile à mettre en place, j’ai mis trois ans à le faire, graduellement. Mais je suis très heureuse d’avoir su prendre ce recul.

Quels seraient les conseils que vous donneriez à une jeune femme qui souhaiterait partir son entreprise tout en ayant une famille? 

Priya Chopra: le meilleur conseil que je pourrais donner, c’est d’accepter de ne pas pouvoir tout faire. Et se dire également que les choses ne pourront pas toujours être faites quand on le souhaite: lorsqu’on est parent, on vit au rythme des enfants. Il faut apprendre à prioriser, à demander de l’aide, à déléguer. Et surtout, être réaliste et éviter ainsi de se mettre une pression inutile.

Avez-vous déjà eu le sentiment d’être discriminée parce que vous étiez une femme entrepreneure? 

Priya Chopra: sincèrement non, et pourtant, je peux vous dire que je me suis déjà rendue à des «pitchs» avec le ventre bien arrondi! J’ai parfois eu peur que les clients partent à cause de ça, mais finalement pas du tout. Au contraire, ils ont tous maintenu leur confiance en moi et mes équipes. Cela dit, je dois dire que je ne ressens pas de discrimination parce que je ne me représente jamais moi-même comme étant une femme en affaires. Je suis chef d’entreprise tout court. Je n’ai pas de mentor, ou de modèle féminin: je suis mon instinct, et au final, même si je m’inspire des succès des autres, je n’écoute que moi [rires] !

Si vous deviez résumer votre carrière en deux mots, quels seraient-ils? 

Priya Chopra: je dirais «up and up»! C’est vraiment là où l’agence en est aujourd’hui, après des débuts difficile. C’était un long chemin pour en arriver là où nous sommes aujourd’hui. J’espère que ça va continuer ainsi.

Vous parlez de long chemin, de difficultés… Pensez-vous que ça prend un caractère spécifique pour être entrepreneur? 

Priya Chopra: oui, vraiment. Il faut être capable de prendre des risques, d’être potentiellement instable, de ne pas savoir quel sera ton salaire du mois prochain. Et une fois que l’argent rentre, il faut savoir investir, le dépenser utilement. C’est beaucoup de pression, il faut pouvoir la supporter. Je pense également qu’il faut être têtu, croire fort en ses idées, tout en sachant abandonner un projet qui ne fonctionne pas et passer à autre chose. Être entrepreneur, c’est une affaire de résilience et de détermination, et tout le monde n’est pas fait pour ça.

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