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Intimidés par les journalistes, les relationnistes?

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FrontCover_web11Les relations professionnelles entre journalistes et relationnistes doivent, pour être crédibles, être évaluées à l’orée du rapport de force normal qui existe entre des intérêts des uns et des autres. Le rôle premier du relationniste est de contribuer à la préservation et au renforcement de l’image positive de l’organisation pour laquelle il est porte-parole. Le rôle premier du journaliste est de trouver la roche dans le soulier de l’organisation qui doit servir l’intérêt public. Entre les deux, il y a le jeu du chat et de la souris entre celui qui veut l’information et celui qui a pour mission d’en contrôler l’accès. Mais peut-on vraiment parler d’intimidation?

Brad Phillips est l’auteur de The Media Training, 101 things you absolutely, positively need to know before your next interview, un essai qui a la prétention de préparer adéquatement les relationnistes face aux plus coriaces des journalistes lors d’entrevues médiatiques formelles. Également relationniste professionnel au quotidien, M. Phillips réduit à cinq points « l’intimidation » dont seraient victimes les relationnistes dans le cadre de leur travail.

blog_headshot_web« Seraient » car le choix du mot « intimidation », fréquemment utilisé par l’auteur pour contester le comportement des journalistes et les placer sur la défensive, semble relever du même procédé!

Cinq points, donc, qui permettront au relationniste, porte-parole ou membre de direction de répondre aux questions du journaliste sans tomber dans un de ses traquenards:

1. Prendre une pause – ou se faire de l’espace en disant que le point est important et qu’il mérite une réponse détaillée et réfléchie, donc plus longue – lorsque le journaliste, pour déstabiliser le relationniste et le forcer à relâcher involontairement de l’information névralgique, accélère le tempo durant l’entrevue.

2. Prendre acte de cette stratégie, parfois employée par le journaliste, qui consiste à envahir l’espace physique du relationniste afin d’augmenter la pression et provoquer des fuites. Se rappeler que le message, ultimement, est destiné aux récepteurs médiatiques: les gens dans leurs chaumières. C’est le meilleur moyen de ne pas craquer, dit Brad Phillips;

3. Comprendre les regards silencieux des journalistes comme un moyen d’allonger le commentaire au-delà de son formatage officiel. Suggestion de l’auteur: préciser que le commentaire émis est la réponse officielle de l’organisation, donc finale, et orienter le reporter vers d’autres questions. De cette façon, la pression exercée par le journaliste ne force pas le relationniste à déborder le cadre formel de son intervention. Et réduit les risques de glissement involontaire;

4. Résister à l’envie de refiler des informations névralgiques sous le prétexte que l’organisation portera le poids du silence et de la culpabilité dans le média. Si certaines informations génériques et confidentielles ne peuvent être transmises publiquement, le relationniste doit quand même éviter de se cacher derrière le suspect « sans commentaire ». La posture à adopter est celle de la franchise: il n’y a rien de plus qui peut être ajouté à ce moment-ci. Le journaliste, pour obtenir ou confirmer une information, devra chercher ailleurs;

5. Éviter de tomber dans le piège de l’heure de tombée, lequel est fréquemment utilisé par le journaliste pour soutirer une information rapide au relationniste. Prendre du temps pour rapailler ses arguments et peaufiner sa stratégie avant de le rappeler. De cette façon, le reporter ne pourra utiliser l’arme du refus de répondre qui rend suspecte et cachotière toute organisation qui agit de la sorte.

Loin de l’intimidation, cette grille tactique offre néanmoins la possibilité au relationniste de mieux appréhender le jeu d’échec qui se joue avec un vis-à-vis lui aussi déterminé.

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