Comment prévenir l’épuisement professionnel en « diversifiant son identité »

16 février 2026
Dans un monde où l’épuisement professionnel continue d’affecter 39% des employés canadiens selon Recherche en santé mentale Canada, il vaut la peine de rappeler le message l’auteur et journaliste RH Simone Stolzoff, qui, dans un Ted Talk de 2024, invitait les travailleurs à « diversifier leur identité» pour atteindre un meilleur équilibre travail-vie personnelle.
Quand on réfléchit à l’équilibre travail-vie personnelle, il semble que l’enjeu soit trop souvent réduit à une question de temps. En faisait la promotion de la semaine de quatre jours ou de la déconnexion le soir, on suggère qu’il suffit de consacrer moins d’heures au travail pour mieux se sentir.
Si nous voulons développer une relation plus saine avec le travail, nous ne pouvons pas nous contenter de penser l’équilibre vie professionnelle-vie privée en fonction de la manière dont nous occupons notre temps. Nous devons réfléchir à la manière dont nous construisons notre identité, » explique-t-il.
En effet, avec la simple volonté de se réserver du temps pour soi, il semble que les préoccupations liées au travail finissent toujours par se réinviter dans nos esprits pour parasiter nos pensées.
Il y a une raison pour laquelle nos intentions de prendre soin de nous et de fixer de meilleures limites finissent inévitablement par échouer. C’est comme si nous essayions de nous protéger du soleil avec un petit parasol à cocktail. Si nous voulons réellement changer notre relation au travail, nous devons faire un travail en profondeur, » poursuit-il.
Surtout, il faut développer des facettes de notre identité qui ne sont pas liées au travail – dans celle d’un ami, d’un parent, d’un croyant, d’un passionné de sport ou d’un loisir quelconque par exemple.
Tout comme un investisseur a intérêt à diversifier les actions dans son portefeuille, nous avons, nous aussi, intérêt à diversifier les sources de sens et d’identité dans nos vies. »
Commencer petit
Il met toutefois en garde contre la tentation de reproduire la dynamique de « travail » dans ces nouvelles facettes de notre identité.
[Lors de la rédaction de mon livre] J’ai parlé à tous ces bourreaux de travail hyper-ambitieux, et ils disaient des choses comme : « Diversifier mon identité? Pigé! Je vais lire 52 livres cette année. Ou je vais courir un ultramarathon. » Nous convertissons même nos loisirs en d’autres formes de travail. Mon conseil est de commencer petit, » recommande-t-il.
Il donne deux exemples : apprendre le piano et faire une marche avec un ami. La science lui donne raison : des études montrent que les personnes avec des intérêts variés sont plus créatives et compétentes en résolution de problème. On peut également présumer que celles et ceux qui ont des loisirs parviennent à mieux recharger leur batterie pendant les congés ou face aux événements stressants. Il y voit aussi un argument moral :
[Diversifier son identité] renferme le fait que tous les métiers ou les emplois nobles ne se pas traduisent dans un CV. C’est aussi une manière de montrer que nous avons une responsabilité de contribuer au monde autrement qu’on grossissant la ligne des profits d’une organisation.”
Créer un sanctuaire « sans travail »
Tout au long de sa conférence, Simone Stolzoff donne trois pistes concrètes pour créer le «sanctuaire» qui donne de l’oxygène à ses identités multiples :
- Réserver du temps sur son calendrier où il est strictement interdit de travailler,
- Remplir ce temps avec des activités qui renforcent les identités que l’on veut développer,
- Joindre des communautés qui partagent des intérêts autres que celui du travail, ce qui nous force à côtoyer des gens qui voient à travers un filtre et des valeurs différentes que celle du travail.
