On me reproche d’utiliser ChatGP pour écrire mes courriels, quoi faire? Reviewed by Philippe Jean Poirier on . (Source : Andrea Piacquadio, Pexels) 22 avril 2026 La pression est toujours grande d’utiliser l'IA générative pour gagner du temps au travail. De plus en plus d (Source : Andrea Piacquadio, Pexels) 22 avril 2026 La pression est toujours grande d’utiliser l'IA générative pour gagner du temps au travail. De plus en plus d Rating: 0

On me reproche d’utiliser ChatGP pour écrire mes courriels, quoi faire?

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(Source : Andrea Piacquadio, Pexels)

22 avril 2026

La pression est toujours grande d’utiliser l’IA générative pour gagner du temps au travail. De plus en plus de professionnels utilisent un agent d’IA (que ce soit ceux de ChatGPT, Claude ou Gemini) pour les aider à écrire les courriels. Et parfois – outch! – ça se remarque.

Nathalie Norman, une responsable des communications, a osé poser la question sur la page Info IA Québec :

Êtes-vous confronté au travail à des personnes qui vous jugent en raison de l’utilisation de ChatGPT ou Copilot et autres? »  

Nathalie Norman avoue utiliser l’IA pour répondre à des courriels; elle explique à ChatGPT ce qu’elle désire répondre, elle ajuste au besoin, elle fait « copié-collé », sans réfléchir plus longtemps. Elle n’est pas la seule. Selon une étude publiée en septembre dernier par ZeroBounce, 24% des professionnels utilisent une app d’IA générative pour écrire des brouillons ou réviser des courriels. Mais de toute évidence, ça ne plaît pas à tout le monde :

Certaines personnes répondent parfois avec un gros jugement, en mentionnant que les réponses sont robotisées ou qu’ils ont compris que j’utilise l’IA pour mes réponses et répondent comme si j’avais triché ou que j’ai été trop rapide à répondre a leur demande. Suis-je paresseuse? Est-ce seulement à moi que cela arrive ou c’est une chose qui arrive souvent de votre côté? » a-t-elle demandé.

Reconnaissons que le sujet est délicat ; certains professionnels utilisent l’IA à toutes les sauces, avec un excès d’enthousiasme, alors que d’autres la rejettent farouchement, désireux de maintenir des relations plus « humaines » ou parce qu’ils sont préoccupés par les risques politiques, sociaux ou environnementaux liés à cette technologie.

Des avis partagés

Sur le groupe Info IA Québec, certaines personnes ont validé la pointe d’agacement qu’il est possible de ressentir à la réception d’un courriel généré à l’IA.

Je déteste les gens qui me répondent systématiquement avec un LLM, reconnaît Ricky Notaro. Je suis un power-user de l’IA, mais c’est juste désagréable quand tu prends le temps d’écrire et que la personne répond avec un LLM et qu’en plus, parfois, la réponse ne fait pas tant de sens avec le contexte réel. »

Alexandre, un développeur Web, tient un discours similaire :

Ce qui me dérange, c’est de perdre mon temps à lire une page de texte générée par IA, quand j’aurais aussi bien compris le prompt d’une ou deux lignes. L’autre point, c’est que c’est très impersonnel, si le sujet est délicat, j’évite l’IA ou je retravaille pour que ça sorte comme dans mes mots. »

À l’autre bout du spectre, Natasha Tatta, l’administratrice d’Info IA Québec, ne comprend pas qu’on s’offusque d’un tel usage.

Les génies qui ont besoin de pointer du doigt l’IA jouent simplement les nouveaux “grammar police”, et ce n’est pas un compliment, dit-elle durement. S’arrêter à la forme, traquer des mots ou des structures au lieu de s’intéresser au fond du message, c’est révélateur d’un biais, voire d’un petit complexe, plus que d’un réel esprit critique, et c’est assez médiocre. »

À mi-chemin entre les deux, quelques intervenants ont suggéré des pistes pour utiliser l’IA sans heurter des sensibilités.

Les gens ne se sentent pas considérés, et c’est normal, fait plutôt valoir Brigitte Bertrand, fondatrice de l’agence de rédaction marketing CroustiWitchy Marketing. Je retravaille toujours beaucoup les textes et j’ajoute de la personnalité. Oui, ça prend 2 minutes de plus, mais c’est bien investi pour faire vivre une expérience satisfaisante à mes clients. »

Ricky Notaro nuance son propos :

Le vrai problème, ce n’est pas l’outil. C’est que la plupart des gens utilisent l’output par défaut de ChatGPT sans le retravailler. Et le style par défaut est reconnaissable à dix kilomètres : phrases longues, ton ‘corporate‘, listes à puces partout, ‘j’espère que ce message vous trouve bien’. Normal que ça lève des drapeaux. »

Il propose des pistes concrètes : donner du contexte sur ton style à l’IA. Plutôt que de demander une requête directe comme « réponds à ce courriel», il est préférable d’ajouter des indications sur le ton à adopter – court, direct, informel, etc.

Arrêtons de nous excuser, insiste-t-il. Personne ne juge quelqu’un qui utilise un correcteur, un modèle de courriel, ou un assistant qui rédige à sa place. L’IA, c’est la même chose en plus puissant. Le résultat compte. Pas la méthode. Les gens qui jugent font généralement deux choses : soit ils n’ont pas essayé, soit ils l’utilisent en cachette. »

Le débat n’a pas fini de faire couler de l’encre.




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