Et si les médias sociaux étaient… une saine distraction au travail?

15 janvier 2026
Dans un contexte où 77% des travailleurs admettent regarder leurs réseaux sociaux au travail, on ne peut plus se contenter d’ignorer cet élément dans l’humeur ou la mobilisation des équipes. Toutefois, ça ne signifie pas de facto que la pratique est mauvaise… Des chercheurs de l’Université Rutgers ont voulu mieux comprendre la relation des travailleurs avec les grandes plateformes de médias sociaux.
Ce qu’ils ont trouvé est fort intéressant. En août dernier, ils ont publié une étude qui apportent beaucoup de nuances à une question qui a tendance à polariser les professionnels. Certains passeraient tout leur temps à scroller sur TikTok ou Instagram sans ressentir aucun malaise ou culpabilité, alors que d’autres y voient un vice toxique.
Les chercheurs ont créé un modèle d’analyse pour évaluer si le contenu consommé – et non, le fait de consommer les médias sociaux – a un effet néfaste sur une personne. Ils ont classé les contenus en quatre catégories :
- Attractif (« agréable à regarder »)
- Familial
- Contentieux (« qui est controversé ou argumentatif »)
- Accomplie (« qui souligne un accomplissement » )
Par la suite, ils ont recruté une cohorte de 161 participants à qui ils ont demandé la teneur du contenu social consommé dans la journée et leur état émotionnel du moment.

Résultat ? Ils ont découvert que les contenus perçus comme contentieux ou d’accomplissement provoquaient de l’anxiété ainsi que des réactions d’isolement de la part des employés. À l’inverse, les contenu agréables ou orientés vers la famille avaient tendance à nourrir le sentiment d’assurance des employés, ce qui les encourage à progresser vers les objectifs de travail. Ce n’est pas un mince bénéfice!
Ce n’est pas juste une distraction. Il y a beaucoup de choses qui se passent », confirme Greenbaum, chercheur à l’Université Rutgers University au New Jersey.
Source d’inspiration… et de distraction
La relation que chacun entretient envers les médias sociaux n’est pas simple. Même si on peut identifier des types de contenu préférable à consommer, ce n’est pas si simple de mettre une limite à l’utilisation en elle-meme. Nous avons voulu sonder notre réseau LinkedIn pour connaître la perception des professionnels sur les plateformes de médias sociaux.

Parmi les répondants, Véronique Lieutaud avoue avoir une relation ambivalente avec les médias sociaux :
Pour une vraie pause, je dois contrebalancer trop de virtuel et d’immatériel par du concret. Je ne peux pas m’en déconnecter totalement au travail, cela ne me distrait pas tant et j’essaye de les éviter sur mes pauses. »
Julie Tremblay-Potvin résume quant à elle bien le paradoxe dans lequel plusieurs professionnels se trouvent :
De mon côté, les médias sociaux m’inspirent et me drainent. Il suffit d’en faire une bonne gestion… et surtout de savoir s’arrêter de scroller. J’ajouterais que la saine distraction a ses limites. Une saine pause serait davantage une pause « temps blanc », qui ne continue pas de stimuler le cerveau. »
Conclusion : malgré tout, avec cette nouvelle étude, les travailleurs savent maintenant sur quel type de contenu concentrer leur attention (les contenus attractifs et familiaux) et lesquels éviter (contentieux et accomplissement) pour rester mobilisés au travail.
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