Le design « naif » : la nouvelle tendance 2026 pour réintroduire de l’humanité à l’heure de l’IA Reviewed by Philippe Jean Poirier on . Exemple de design «naif» utilisé dans un visuel de marque (Source : Petr Kudlacek, Board Brewery) 28 janvier 2026 Fin 2025, les grandes plateformes de création Exemple de design «naif» utilisé dans un visuel de marque (Source : Petr Kudlacek, Board Brewery) 28 janvier 2026 Fin 2025, les grandes plateformes de création Rating: 0

Le design « naif » : la nouvelle tendance 2026 pour réintroduire de l’humanité à l’heure de l’IA

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Exemple de design «naif» utilisé dans un visuel de marque (Source : Petr Kudlacek, Board Brewery)

28 janvier 2026

Fin 2025, les grandes plateformes de création visuelle ont annoncé leurs tendances graphiques pour l’année à venir. Parmi celles-ci se trouve le concept de design « naif » ou « imparfait », présenté comme un mouvement de contre-révolution s’attaquant à l’esthétique « léché » et sans âme généré par l’IA. Voyons de plus près cette tendance mentionnée par plusieurs observateurs du marché.

L’équipe de Canva a nommé son rapport de tendances 2026 « Imperfect by design », en prédisant que les créateurs allaient «s’éloigner de la perfection, du poli ou créer pour l’algorithme, et embrasser les imperfections humaines qui font qu’une œuvre est personnelle, brute et honnête ». Adobe a joint sa voix au mouvement, en proposant un retour au design « organique et imparfait », avec des formes simples et des polices en lettres attachées, écrites à la main. 

De manière plus explicite, la plateforme Kittl a placé le « design naïf » au sommet de ses tendances 2026. Qu’on ne s’y trompe pas, il ne s’agit pas d’une référence à l’art naïf de Frida Kahlo.

Le design naïf porte bien son nom : c’est un style enfantin, imparfait et profondément humain. Imaginez des remplissages irréguliers, des traits gribouillés, des soleils souriants et des illustrations qui semblent avoir été créées d’une main tremblante, mais avec absolument aucun regret », explique-t-on dans ce dernier rapport.

La plateforme de création de design propose une série de produits qui pourraient bénéficier de ce type de design : jeux d’enfants, nourriture, boissons, mode, agences de création, affiches de festivals, domaine de la santé et du bien-être etc.

Un style «contre-intuitif»

Quand la graphiste Lindsay Marsh a eu vent de la tendance, elle n’était pas convaincue de sa pertinence.

En tant que professionnelle du design, cette tendance me surprend un peu, annonce-t-elle dans sa revue des tendances 2026. C’est notre travail de donner une apparence professionnelle à un design. Et produire un style ‘dessin d’enfant’ ou un griffonnage ne m’apparaît pas très professionnel. »

Avec le recul, elle comprend bien sûr le sens que veulent y donner les illustrateurs graphiques.

Le design naïf embrasse les imperfections, les proportions malaisantes, les erreurs visiblement humaines, pour réintroduire la chaleur et l’individualité dans le design. Une chose qui manque cruellement, dans les visuels hyperpolis d’aujourd’hui. C’est un contre-mouvement, comme il y en a eu plusieurs dans l’histoire du design. C’est le retour du balancier. Nous observons un mouvement d’un côté, puis un grand mouvement dans l’autre sens. Et c’est juste un de ces mouvements de va-et-vient. »

L’humain a ce besoin fondamental de se différencier, de sortir de la foule, de se démarquer, rappelle-t-elle.

L’industrie du design se fait avaler par l’IA, et nous tentons de contrer cela. [Le design naïf] est la nouvelle manière pour les marques de démontrer leur authenticité à partir de maintenant.»

Place à la rébellion

Lindsay Marsh met en lumière une autre tendance connexe, qui découle de la même volonté de faire un pied de nez à l’IA: l’esthétique punk, qui devrait aussi dominer en 2026.

On veut s’éloigner des esthétiques rigides et polies. Ce qui signifie : du caractère, du bruit, de la rébellion, et la tension visuelle pour réclamer le droit d’auteur et l’individualité. En gros, on se rebelle, on contre-attaque, on est des rebelles punks ; on essaie de saboter intentionnellement un design pour amener de l’authenticité. »

Le design a besoin de se sentir « à nouveau en vie », conclut-elle. 


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