Le futur appartient-il aux «neurodivergents» ?

2 avril 2026
Dans sa version la plus inquiétante, des analystes prévoient que l’IA mettrait toute une horde de cols blancs au chômage. Dans une allocution récente, Alex Karp, CEO de Palantir Technologies, entrevoit une lueur d’espoir pour une catégorie bien précise des travailleurs du savoir : les neurodivergents. Selon lui, l’avenir leur appartient.
Voyons la déclaration initiale, qui a enflammé la Toile et fait la manchette:
Pour s’assurer un avenir, il existe fondamentalement deux voies : posséder une formation technique ou être neurodivergent», a-t-il déclaré au balado de technologies TBPN (Technology Business Programming Network).
Le CEO se définit lui-même comme une personne neurodivergente, étant dyslexique. Aussi, l’homme d’affaires américain a créé dans sa propre entreprise un programme d’embauche axé sur la neurodiversité, à travers le «Neurodivergent Fellowship».
Les individus neurodivergents joueront un rôle disproportionné dans le façonnement de l’avenir de l’Amérique et de l’Occident, mentionne-t-on dans la description du programme. Ils voient au-delà des idéologies performatives et perçoivent la beauté du monde qui subsiste encore — une beauté que la technologie et l’art peuvent mettre en lumière.»
Le CEO n’est pas le premier à mettre en lumière la contribution potentielle ou éventuelle des personnes neurodivergentes dans le monde du travail. En 2024, les analystes de la firme Gartner ont prédit que 20% des firmes de vente du Fortune 500 allaient «activement» recruter des personnes neurodivergentes.
Retournement de situation
Si la prédiction s’avère juste, on aura le droit à un retournement complet par rapport à la situation actuelle, en ce qui concerne les perspectives d’emploi des personnes neurodivergentes qui représentent de 15 à 20% de la population mondiale (cela inclut celles qui sont autistes, TDAH, dyslexiques, etc.). Jusqu’à récemment, des études révélaient que 85% des personnes autistes détenant un diplôme universitaire étaient au chômage (Université Stanford) et que 40% des personnes neurodivergentes avaient de la difficulté à trouver un emploi (Université du Connecticut).
Bien que cette neurodiversité soit de plus en plus connue et acceptée, il est malheureusement vrai que ceux qui la vivent soient encore souvent stigmatisés, surtout en milieu de travail, annonçait l’entrepreneur Dominic Gagnon, cofondateur de Connect & Go, dans un article Les Affaires visant à promouvoir la neurovergence au travail. Par conséquent, les neurodivergents se retrouvent régulièrement confrontés à des situations difficiles et ils ont souvent beaucoup de la difficulté à trouver leur place et contribuer pleinement dans leur rôle.»
Si les entreprises veulent attirer ces perles rares, qui ont le potentiel d’amener plus de créativité, de rigueur, de minutie (selon une étude d’HBR) et aussi, finalement, plus de diversité, elles doivent réfléchir à la manière de les recevoir et de les accommoder. Cela peut inclure du télétravail, l’aménagement d’espaces calmes ou des écouteurs antibruit.
Pour un TDAH comme moi, les espaces ouverts où tous parlent au téléphone ou sur Teams en même temps constituent un véritable défi quotidien. Dans ce climat, je dois dépenser 5x plus d’énergie pour fonctionner normalement (et encore là , je suis probablement moins performant). Il est donc crucial pour moi d’avoir des endroits calmes où je peux utiliser mon hyper focalisation tout en profitant d’espace partagé qui aide ma créativité!», conclut M. Gagnon.
