Pourquoi l’expérience candidat décline depuis la pandémie ? Reviewed by Philippe Jean Poirier on . En pleine pénurie de main-d'oeuvre, on pourrait penser que les entreprises profitent de l'occasion pour améliorer leur expérience candidat... Et non! (Source : En pleine pénurie de main-d'oeuvre, on pourrait penser que les entreprises profitent de l'occasion pour améliorer leur expérience candidat... Et non! (Source : Rating: 0

Pourquoi l’expérience candidat décline depuis la pandémie ?

Par

En pleine pénurie de main-d’oeuvre, on pourrait penser que les entreprises profitent de l’occasion pour améliorer leur expérience candidat… Et non! (Source : Anna Shvets, Pexel)

13 septembre 2023

Dans une publication récente, l’organisation américaine Talent board – qui étudie l’expérience candidat et en fait la promotion des bonnes pratiques – a tiré la sonnette d’alarme sur la détérioration du traitement des candidats dans le processus de recrutement.

Depuis la pandémie, Talent board note une diminution globale de la satisfaction des candidats par rapport au processus de recrutement des entreprises. L’organisme américain tient deux indicateurs permettant d’apprécier l’effort global des recruteurs : la belle expérience candidat (« great candidate experience ») et le taux de ressentiment (« ressentment rate »).

Voici comment se dessine la tendance de l’un et l’autre de ces indicateurs (porter attention à la courbe bleue, qui est celle de l’Amérique du Nord):

Pourcentage de candidats jugeant avoir vécu une «belle expérience candidat». Source : Talent Board
Pourcentage de candidats jugeant avoir vécu une «piètre expérience candidat». Source : Talent Board

On notera que le pourcentage nord-américain (courbe bleue) de candidats qualifiant leur expérience de « belle » diminue d’année en année depuis le début de la pandémie, passant de 31% à 26 % de 2020 à 2023.

Toutefois, si on s’intéresse spécifiquement aux résultats nord-américains, il faut reconnaître que le taux de ressentiment est quant à lui plutôt stable… dans la médiocrité ! À l’exception de la première année pandémique (où l’on voit une éclaircie à 8%), le taux de candidats jugeant avoir vécu une « piètre expérience candidat » oscille autour de 12% à 14% depuis plusieurs années.

Au-delà de ces pourcentages, les auteurs de l’étude constatent eux-mêmes une dégradation de l’expérience candidat dans leur cercle professionnel :

Malheureusement, nous continuons d’entendre des histoires de leaders aguerris en recrutement qui, après avoir appliqué à plusieurs postes, ne reçoivent qu’une rétroaction minimale par courriel après l’entrevue. C’est particulièrement décevant pour ceux qui font la promotion de bonnes pratiques.»

Ces statistiques ont de quoi surprendre dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre.

Chaque année, et ce, peu importe l’état du marché, notre mesure de l’expérience client nous montre que les employeurs les mieux notés (par les candidats) sont ceux qui donnent une rétroaction aux candidats interviewés. Et pourtant, sur la base de 200 000 réponses de candidats, dont une majorité n’ont pas été embauché, le taux de ressentiment est à la hausse dans son ensemble, et nombre de candidats qui nous donnent avoir eu une belle expérience a subi une chute significative cette année.»

Si on se rapporte à l’étude annuel de Talent Board (2022), les chiffres sont sans équivoques:

Lorsqu’une rétroaction spécifique est donnée au candidat, leur volonté de référer l’entreprise à un autre candidat augmente de 50%, et leur envie d’approfondir la relation avec l’employeur augmente de 40%. Lorsque l’on regarde si le candidat a été invité à fournir une rétroaction sur le processus de recrutement, on voit la même tendance se dessiner : les candidats ayant pu exprimer leur rétroaction avait 65% plus de chance de référer l’entreprise à un autre candidat. »

À la lecture du rapport de 2022, on comprend que les employeurs eux-mêmes semblent être conscients de la difficulté à satisfaire les candidats :

Pour la première fois depuis que nous avons commencé notre collecte de données, les employeurs nord-américains se donnent une évaluation plus basse que l’évaluation des candidats. Ça nous dit que les employeurs traversent une remise en question, dans un marché rempli de défis. Ils sont en train de réévaluer leur manière de traiter les candidats en fonction de la réponse qu’ils obtiennent de ceux-ci. »

Se poser des questions sur son expérience candidat… voilà un bon premier pas!


Découvrez nos formations :

Retour en haut de la page