Près d’un travailleur sur deux dissimule son état de santé mentale au travail Reviewed by La Rédaction on . 19 mars 2026 Le centre d’expertise Global-Watch vient de dévoiler les grandes tendances internationales en santé mentale et bien-être au travail pour l'année 20 19 mars 2026 Le centre d’expertise Global-Watch vient de dévoiler les grandes tendances internationales en santé mentale et bien-être au travail pour l'année 20 Rating: 0

Près d’un travailleur sur deux dissimule son état de santé mentale au travail

Par

19 mars 2026

Le centre d’expertise Global-Watch vient de dévoiler les grandes tendances internationales en santé mentale et bien-être au travail pour l’année 2026. Voici un aperçu de cinq d’entre elles.

1. Santé mentale : entre dissimulation, obligations réglementaires et nécessité d’agir

La santé mentale en milieu de travail est fortement marquée par le « masquage » (ou « plaisanteism »), amenant de nombreux·ses employé·es à dissimuler leur détresse. 

Selon le récent sondage Global-Watch/Léger mené auprès des travailleurs·euses québécois·es : près d’un travailleur sur deux a dissimulé son état de santé mentale au travail dans la dernière année.  

Ce phénomène touche particulièrement 

  • les femmes (50 % contre 38 % chez les hommes) 
  • les jeunes, dont près du quart dissimulent systématiquement leurs difficultés.

Sachant que cette dissimulation, certainement due à la stigmatisation, retarde l’accès aux soins, et peut mener à une détérioration de l’état de santé allant jusqu’à l’invalidité, cet enjeu démontre l’urgence pour les organisations d’instaurer un véritable climat de confiance. Il existe également des défis concernant les hommes qui restent difficiles à rejoindre dès qu’on parle de santé mentale », indique l’organisme dans un communiqué.

2. Gestionnaires et dirigeants mis à l’épreuve : éviter l’effet domino 

Les gestionnaires se retrouvent pris en sandwich, assumant une pluralité de rôles et devenant le principal système de soutien émotionnel de leurs équipes. Confrontés à un climat de travail fragilisé et étant parfois même victimes d’incivilités, ils subissent de plein fouet le « Grand décalage » (un désalignement entre les attentes de la direction et la réalité du terrain) et souffrent d’épuisement.

Ce phénomène explique le déclin mondial de l’engagement au travail qui frappe particulièrement cette catégorie d’employés. Pour éviter un effet domino sur le reste de l’organisation, il devient essentiel de leur offrir un accompagnement spécifique, comme par exemple groupes de pairs aidants, de co-développement, et la formation permettant l’intégration concrète de la bienveillance dans les pratiques de gestion.

3. Engagement en déclin : recréer la connexion 

Face à l’insécurité d’emploi et à la perte de repères, les travailleurs vivent aussi un décalage qui se traduit par un déclin de l’engagement et l’essor du travail d’appoint (Side hustle). Pour recréer la connexion, la flexibilité s’impose comme un des nouveaux moteurs de la fidélité.

Les employeurs doivent redonner du sens au travail en ajustant la charge, en instaurant un dialogue authentique avec les équipes et en utilisant l’autonomie comme un « bouclier » protecteur. Une attention particulière doit aussi être portée à la manière d’aborder les politiques de retour au bureau pour éviter une polarisation nuisible. 

4. Bien-être financier : une priorité accrue 

Le contexte économique difficile fait du stress financier un facteur ayant un impact direct sur la productivité, l’absentéisme et la loyauté des équipes. Les employés ont davantage confiance en leur employeur que dans le gouvernement (ou autres programmes privés) pour accéder à des soins de santé et leur assurer une sécurité financière.

Pour y répondre, les entreprises ont intérêt à ajuster les avantages sociaux recherchés, implanter des mécanismes facilitant l’accès aux soins, fournir des conseils et des applications pour améliorer la littératie financière, et instaurer une culture plus ouverte face à ces enjeux.

5. IA et travail : protéger l’humain 

L’intelligence artificielle transforme le travail, générant des effets positifs sur la productivité, mais aussi de fortes inquiétudes : crainte de déqualification, déclin des rôles de débutant et méfiance quant à la surveillance algorithmique.

Pour protéger le facteur humain et maintenir l’engagement, il est nécessaire d’apprivoiser l’IA par un solide accompagnement au changement. Cela implique des besoins urgents en requalification pour développer non seulement de nouvelles compétences technologiques, mais surtout de nouvelles compétences relationnelles et éthiques.




Retour en haut de la page