Les «fake news» ne visent pas la désinformation! Reviewed by Philippe Jean Poirier on . Les sites de fausses nouvelles chercheraient plutôt à créer des polémiques pour mieux profiler et mobiliser leurs bases électorales, affirme le professeur et ch Les sites de fausses nouvelles chercheraient plutôt à créer des polémiques pour mieux profiler et mobiliser leurs bases électorales, affirme le professeur et ch Rating: 0

Les «fake news» ne visent pas la désinformation!

Les sites de fausses nouvelles chercheraient plutôt à créer des polémiques pour mieux profiler et mobiliser leurs bases électorales, affirme le professeur et chercheur américain Jonathan Albright, graphiques à l’appui.


14 février 2017

Après l’épisode du «pussy grabber», des courriels piratés d’Hillary et de l’intervention du FBI, on aurait pu croire que l’élection présidentielle américaine avait épuisé tous ses scandales. Pourtant, non.

Une semaine après la fermeture des scrutins, BuzzFeed révélait que pendant les trois derniers mois de la campagne les fake news avaient déclassé les vraies nouvelles sur Facebook en termes de «J’aime» et de partages. Des manchettes du genre: le pape François appuie Trump, Obama bannit le serment d’allégeance dans les écoles et ainsi de suite

Sur le coup, plusieurs en ont conclu que les fake news avaient brouillé le jugement des électeurs et détourné le résultat de l’élection. Depuis, des chercheurs ont relativisé l’impact de cette désinformation, dont ceux de Stanford, qui évaluent à moins de 1,2 % le nombre d’Américains ayant réellement vu et retenu ces manchettes.

Le vrai scandale est ailleurs, dit le chercheur Jonathan Albright. Les sites de fausses nouvelles auraient plutôt servi à «collecter des données» et à «profiler les visiteurs».

Dis-moi ce que tu «like», je te dirai pour qui tu votes

Au lendemain de l’élection, le chercheur Jonathan Albright a entrepris de scruter de fond en comble 117 sites de fausses nouvelles parmi les plus en vue aux États-Unis. La conclusion: ces sites sont bourrés de «cookies» et de «code Facebook».

Les deux éléments sont cruciaux: les cookies servent à pister les plus ardents supporteurs d’une cause, alors que les boutons «like» sont là pour les inciter à partager du contenu incendiaire sur Facebook. Les débats qui en découlent génèrent ensuite quantité d’informations (par des «j’aime», des partages, mais aussi des tweets et des statuts Facebook) aussi bien sur les partisans que sur les adversaires d’une cause.

Dernier acte: des firmes d’exploration de données recueillent minutieusement les données disponibles sur Facebook par l’intermédiaire d’applications invasives (parfois de simples quiz!) qui demandent un accès total aux données personnelles de l’utilisateur.

La firme Cambridge Analytica a fait sa renommée avec ce genre de tactiques, pendant le Brexit et aux côtés de Ted Cruz lors des primaires républicaines. Et vous savez quoi? C’est l’exacte firme qui a aidé Donald Trump à profiler les électeurs des États clés dans le dernier droit de la course.

L’antidote? Bouder Trump!

Théorie du complot, que tout cela? Difficile à dire, puisque les journalistes et les chercheurs commencent à peine à s’intéresser à la question.

Jonathan Albright avance tout de même une solution pour enrayer ces stratégies douteuses de profilage politique: «Cessez les hostilités. Le plus on argumente (sur Facebook ou sur Twitter), le plus d’informations personnelles on génère».

Ignorer Trump, donc. Or, comme le présent article faillit à cette tâche… prenons quelques minutes pour lire la chronique du collègue François Nadeau qui explique comment installer un filtre anti-Trump!

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A propos de l'auteur

Philippe Jean Poirier

Philippe Jean Poirier est un journaliste indépendant qui se passionne pour les mots, l’écriture, la recherche, la collecte de témoignages, les tendances sociétales et les raisons souterraines qui alimentent l’actualité. Mandats actuels: recherche d’emploi, vie au travail, TI, finances personnelles, tourisme, famille et vélo.

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