Joannie Bergeron : « L’impact d’un événement n’est pas lié à sa taille ou son budget mais à son intention »
Par Kévin Deniau

14 janvier 2026
Joannie Bergeron, la fondatrice d’Immersive Productions qui oeuvre depuis plus de quinze ans dans le domaine de la stratégie événementielle, inaugure une nouvelle conférence sur les 5 clés d’un événement à impact. Entrevue afin de connaître les astuces pour concevoir un événement mémorable… et qui atteint ses objectifs d’affaires.
La notion d’impact est-elle trop souvent négligée à tes yeux dans les événements ?
Joannie Bergeron : Un événement n’est pas qu’un simple moment à organiser : c’est un levier stratégique qui peut être un moteur de mobilisation, de développement et de rayonnement pour les organisations. Autrement dit, l’événementiel est l’un des vecteurs d’affaires les plus puissants selon moi. À condition de le considérer comme tel !
L’objectif est de réussir à faire vivre, au-delà des mots, une expérience transformatrice bien scénarisée et réfléchie qui permet de créer un dialogue entre l’organisation et les participants.
Celles qui se démarquent aujourd’hui sont celles qui donnent du sens à leurs initiatives et créent une cohérence à chaque étape du parcours, avant, pendant et après l’événement, afin d’en faire une vraie expérience globale.
Quelle est la méthode pour concevoir une expérience de la sorte ?
Joannie Bergeron : L’élément de base de toute stratégie événementielle, c’est le « pourquoi ». La raison d’être de l’événement. Chez Immersive, nous avons développé des ateliers et des exercices collaboratifs qui nous permettent d’entrer au cœur des réflexions des décisionnaires. L’objectif est de comprendre ce qui s’y joue réellement afin de faire émerger l’intention première et de définir clairement l’impact que l’événement doit générer.
On associe trop souvent l’organisation d’un événement à l’expérience participant, en commençant par parler de questions logistiques, du type « il faut que j’envoie le Save the date ». Alors que le plus important vient avant : le filon conceptuel, les perceptions que je vais chercher à cibler, la façon de faciliter l’engouement autour de mon événement…
Il ne faut pas oublier que les gens vont se déplacer pour vrai. Il faut donc leur faire vivre une expérience mémorable sur place, en accordant autant d’importance à ce qu’ils vont comprendre avant que ce qu’ils doivent retenir après. Le « pourquoi » de l’événement doit continuer à rayonner même après l’événement.
Vois-tu des erreurs fréquentes dans l’organisation d’événement ?
Joannie Bergeron : Je ne parlerais pas d’erreurs, mais plus d’un manque de réflexion et de perspective, au bon moment. Parfois, on appréhende un événement de manière pratico-pratique comme une liste de tâches à faire, sans réfléchir au pourquoi derrière, comme je l’indiquais.
Concrètement, cela se traduit par des moments qui manquent ‘’d’âme’’ avec, par exemple, des conférences qui ne font que se suivre. Trop souvent, on oublie en effet d’accorder des plages de temps pour faciliter la connexion humaine, que cela soit sous la forme de brise-glace, d’interactivité à travers les contenus ou de zones collaboratives. Cela participe aussi à l’expérience participant.
Constates-tu des différences depuis la pandémie ?
Joannie Bergeron : Les fondamentaux restent les mêmes mais il est vrai que les attentes sont de plus en plus grandes avec un fort besoin de personnalisation. On voit beaucoup d’emphase actuellement sur la technologie ou l’IA. N’oublions pas que le but d’un événement reste avant tout de mettre en contact des humains ensemble !
Il ne manque clairement pas d’événements aujourd’hui mais de contenus vécus, incarnés et mémorables. Un bon événement va transformer un contenu en expérience. Innover, ce n’est pas en faire plus mais en faire « mieux » pour son public.
C’est-Ã -dire ?
Joannie Bergeron : On parle beaucoup de technologie, d’innovation, de tendances… Mais l’impact vient avant tout de l’émotion et des sens. De la sensation de se sentir considéré comme un humain faisant partie d’un événement, d’une programmation, qui a été pensée pour lui. Ses besoins, ses attentes, sa réalité. La personnalisation est la clé !
Je tiens à préciser au passage que la notion d’impact n’est pas lié à la taille ou au budget d’un événement. Mais à l’intention ! Quand on sait pourquoi cet événement existe, ce qu’il veut faire vivre comme expérience, la trace qu’il veut laisser dans les mémoires… Et ça, c’est à la portée de tout le monde.
Découvrez la nouvelle conférence de Joannie Bergeron sur les 5 clés d’un événement à impact :
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