Rédaction sur le Web : « L’humain doit reprendre sa place » Reviewed by Philippe Jean Poirier on . Julie Therrien, spécialiste en communication et formatrice Isarta 21 janvier 2026 Les médias sociaux sont aujourd’hui inondés de contenu générique et sans âme c Julie Therrien, spécialiste en communication et formatrice Isarta 21 janvier 2026 Les médias sociaux sont aujourd’hui inondés de contenu générique et sans âme c Rating: 0

Rédaction sur le Web : « L’humain doit reprendre sa place »

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Julie Therrien, spécialiste en communication et formatrice Isarta

21 janvier 2026

Les médias sociaux sont aujourd’hui inondés de contenu générique et sans âme créés avec l’aide d’application d’IA générative. Pour faire entendre sa voix dans l’épais brouillard du slop AI, la formatrice Julie Therrien propose de revenir à des stratégies de rédaction de contenu plus humaine, à travers sa conférence « Humaniser ses communications pour se démarquer de l’IA », qui se déroulera le 19 février prochain. Entrevue.

Vu de l’extérieur, on a l’impression que le secteur du marketing a basculé dans le ‘tout à l’IA’, en automatisant massivement sa création de contenu. Y a-t-il toujours une place pour une rédaction de contenu artisanale, fait par de vrais humains ?

Julie Therrien : Plus que jamais! Grâce à l’IA, tout le monde peut créer du contenu. Et donc, produire beaucoup de contenus n’est plus une manière de se démarquer en soi. Le contenu ‘haut de gamme’, je crois que ça va devenir celui produit par des humains.

Là-dessus, le monde de la rédaction et du marketing numérique doit se réajuster. Il y a beaucoup de monde qui utilise l’IA à l’avant-plan, alors que l’IA devrait être à l’arrière-plan. Pour connecter avec son auditoire, il faut remettre l’humain en avant. L’humain doit reprendre sa place. Dans le fond, ça ne devrait pas être ChatGPT qui génère le contenu, ça devrait être nous qui nourrissons l’IA avec du contenu.

Est-ce vrai pour tous les types de contenu ? Ou est-ce que les rédacteurs n’auraient pas intérêt à se concentrer sur certains types de contenu où ils ont une valeur ajoutée?

J. T. : Il est vrai que pour les contenus éducationnels ou informatifs, c’est difficile de faire concurrence à l’IA générative. Toutefois, lorsqu’on veut créer une connexion émotive avec un auditoire, les humains sont capables de beaucoup plus de nuances et de profondeurs que ChatGPT, qui va avoir tendance à proposer des contenus à la fois léchés et uniformisés, toujours structurés un peu de la même façon. Pour se démarquer sur le Web, il faut accepter de se dévoiler et miser sur les émotions.  

Avez-vous des techniques ou des approches pour créer du contenu « plus humain Â»?

J. T. : Je crois qu’il faut s’éloigner des recettes toutes faites, car l’AI est très bonne pour assimiler des techniques d’écriture. Par exemple, elle peut composer un texte qui répond aux techniques de rédaction persuasive, avec une accroche et un arc narratif. Mais les textes finissent tous par se ressembler et être un peu superficiels.

C’est préférable de varier les approches, de mélanger les codes et d’être spontanée dans ses interventions. Ensuite, avant d’aller sur ChatGPT, je propose de faire un travail en profondeur pour structurer sa pensée, réfléchir à ce qu’on veut dire et approfondir ses points de vue, en allant creuser les émotions et les nuances qui se rattachent à un sujet.

Qu’est-ce que ça implique pour les marques ?

J. T. : Les gens veulent avoir accès aux humains derrière les marques. Et d’ailleurs, on voit que Rona a compris le message, en personnifiant sa marque à travers un personnage nommé Mike. Les marques doivent accepter de parler des humains derrières leurs produits ou leurs services et de partager leurs valeurs. Ils doivent aller au-delà de ce qui est superficiel et raconter de vraies histoires, et partager leur vécu.

Sachant que l’humain doit demeurer le maître d’œuvre de la rédaction, quelle place réservez-vous à l’IA dans votre pratique?

J. T. : Je la trouve bien utile pour brainstormer, trouver des sources d’inspiration et m’apporter une variété de points de vue sur un sujet. Je l’utilise parfois pour structurer un sujet, mais ça s’arrête là. Pour la rédaction en tant que telle, je trouve qu’elle me ralentit plus qu’autre chose!




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