Semaine de 4 jours : Les Islandais persistent et signent ! Reviewed by Philippe Jean Poirier on . 24 mars 2026 En cette ère de retour à la rigueur et la mesure de la performance des employés, l’Islande continue de faire bande à part en maintenant sa politiqu 24 mars 2026 En cette ère de retour à la rigueur et la mesure de la performance des employés, l’Islande continue de faire bande à part en maintenant sa politiqu Rating: 0

Semaine de 4 jours : Les Islandais persistent et signent !

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24 mars 2026

En cette ère de retour à la rigueur et la mesure de la performance des employés, l’Islande continue de faire bande à part en maintenant sa politique de semaine de quatre jours pour tous. Voyons quels sont les fruits d’une telle politique, cinq ans après sa mise en œuvre.

En février dernier, l’institut islandais de la statistique (Hagstofa Íslands) a publié ses plus récentes données sur l’état du marché du travail. Bilan : tous les indicateurs d’heures travaillées sont à la baisse. De 2018 à 2026, le nombre moyen d’heures travaillées des employés à temps plein est passé de 45 à 40 heures, alors que le nombre d’heures travaillées moyen global est passé de 40 à 35 heures.

Ces statistiques confirment l’adoption et la généralisation de la semaine de 4 jours comme pratique organisationnelle, principalement instaurée à travers des ententes syndicales depuis 2021.

Le prix à payer de cette réduction d’heures? Une augmentation globale et soutenue du PIB du pays, qui est passé de 25,9 milliards de dollars US en 2018 à 43 Mds$ en 2026. Dans les cinq dernières années, les Islandais sont également parvenus à augmenter leur productivité de 1,5 % par an (source : On firmer ground: Iceland’s ongoing experience of shorter working weeks, octobre 2024). Selon ce rapport, c’est la progression la plus élevée des pays nordiques.

Bénéfique pour la santé

Plus important encore, les Islandais eux-mêmes en signalent les vertus sur leur bien-être : 97% des travailleurs affirment que la réduction de leur semaine de travail avait rendu plus « facile » l’atteinte d’un équilibre travail-vie personnelle – 52% sont d’avis que celle-ci c’est amélioré. Quatre travailleurs sur dix (42%) notent vivre moins de stress dans leur sphère privée.

Ces résultats se répercutent sur les indicateurs internationaux provenant de l’Agence européenne de la sécurité et la santé au travail. Selon les rapports « Le pouls de la SST: la sécurité et la santé professionnelles sur les lieux de travail après la pandémie » couvrant l’année 2022 et l’année 2025, la fatigue globale des Islandais a reculé de trois points – passant de 48% à 45%. L’indicateur de stress a baissé de 1 point (passant de 33 à 32) et l’indicateur de « maux de tête » s’est maintenu à 32 %.

Ces résultats peuvent sembler mitigés. Toutefois, il faut comprendre qu’ils ont été obtenus dans une Europe où l’épuisement des travailleurs à constamment augmenté, depuis 2020.  

Quête de progrès humain

Au-delà des statistiques, il y a une réflexion culturelle qui sous-tend la question. En tant que civilisation, veut-on demeurer dans une roue perpétuelle du travail à tout prix, ou reconnaître que les progrès technologiques peuvent venir de pair avec des progrès sociaux. Lors d’un panel organisé par WEF en 2022, le chercheur Adam Grant, spécialiste du monde du travail, a rappelé que l’organisation du travail n’est pas une chose immuable:

Il y a un siècle, Henry Ford — qui n’était pas précisément reconnu pour sa vision éclairée du management ou du bien-être humain — a réduit la semaine de travail de six jours à cinq. Il avait constaté que les gens étaient plus productifs, que le moral s’améliorait, que la loyauté augmentait et que le taux de roulement diminuait ; il disait que c’était bon pour les affaires. Alors pourquoi restons-nous bloqués à cinq jours ? Est-ce une prescription divine tombée du ciel, ou s’agit-il d’une invention humaine qui mérite d’être repensée ?

Aux organisations de répondre à cette question.




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