Comment lutter contre la dépendance fonctionnelle de l’IA ? Reviewed by Kévin Deniau on . 16 avril 2026 Comment faire un usage plus conscient, sain et sécuritaire de l'IA ? C'est l'objet d'une nouvelle conférence donnée par la spécialiste du bien-êtr 16 avril 2026 Comment faire un usage plus conscient, sain et sécuritaire de l'IA ? C'est l'objet d'une nouvelle conférence donnée par la spécialiste du bien-êtr Rating: 0

Comment lutter contre la dépendance fonctionnelle de l’IA ?

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16 avril 2026

Comment faire un usage plus conscient, sain et sécuritaire de l’IA ? C’est l’objet d’une nouvelle conférence donnée par la spécialiste du bien-être numérique Laurie Michel. Entrevue sur les nouveaux enjeux cognitifs liés à l’émergence de l’IA.

D’où vient l’idée de cette conférence sur les usages sains et sécuritaires des robots conversationnels IA ?

Laurie Michel : Tout est parti d’une publication Linkedin en juin dernier pour sensibiliser aux enjeux de l’IA générative, illustrés sous la forme d’un iceberg, avec ce qui était caché et qu’on n’osait pas trop évoquer. Cela a eu une répercussion considérable : 3 millions de vues, plus de 5 000 republications, 2 000 commentaires ! 

Et à travers les échanges que ce buz a créé, j’ai rapidement compris que l’enjeu de l’IA générative était très mal compris des utilisateurs. Non, l’IA générative n’est pas comparable à la calculatrice en terme d’innovation ! Elle change complètement les règles, de nos méthodes de travail à notre façon de penser.

En quoi l’IA peut entraîner des conséquences négatives selon toi ?

Laurie Michel : Il commence à y avoir de multiples études sur le sujet, notamment du MIT, montrant les aspects positifs mais aussi les pièges de l’IA générative. On est loin des enjeux liés aux réseaux sociaux ou aux cellulaires. 

Une mauvaise utilisation de l’IA générative peut être problématique pour plusieurs raisons. D’une part, certaines études soulèvent le fait qu’il est très difficile de voir quand l’IA générative nous manipule d’une manière ou d’une autre. L’outil n’est pas neutre.

On peut aussi évoquer les enjeux d’anthropomorphisme et de la relation qu’on établit avec cette technologie. Je me rappelle de la réaction d’une dame dans un magasin qui était estomaquée quand son fils lui a dit que son meilleur ami était ChatGPT !

Dans la sphère professionnelle, on assiste à différentes politiques entre ceux qui acceptent cette innovation et les autres qui l’interdisent. Ce qui amène à la question de la Shadow IA, c’est-à-dire des personnes qui l’utilisent malgré tout sans l’approbation de leur organisation, comme des adolescents qui fument en cachette.

Avec tout ce que cela implique en termes de partage de données. Interdire l’IA générative dans une organisation ne garantit pas que les risques associés disparaissent.

Vois-tu une différence de perception des personnes que tu accompagnes ?

Laurie Michel : J’ai eu un employé qui m’a dit qu’il avait commencé à re-réfléchir. Cet éveil est à la fois louable mais aussi un peu effrayant ! Cela montre à quel point on peut vite devenir dépendant à cette technologie en prenant l’habitude de tout demander à l’IA. 

Notre cerveau aime les racourcis pour une question d’efficience, et c’est quand on ne prend même plus le temps de réfléchir par soi-même et qu’on demande à l’IA par défaut qu’il faut revoir sa relation à cet outil. Si elle devient une béquille pour tout, il y a danger.

Dans chaque technologie, il y a des plus et des moins. L’IA est à double tranchant : elle nous donne des réponses rapides mais elle diminue en parallèle la stimulation de nos sens.

Que penses-tu du concept récent de « Brain Fry« , à savoir la fatigue cognitive provoquée par l’IA ?

Laurie Michel : Certaines personnes disaient en effet que l’IA permettait de gagner du temps et de faire plus de tâches afin de nous libérer des plages de temps libre. Sauf que ce nouveau temps disponible n’est pas utilisé pour moins travailler. Au contraire ! La société dans laquelle nous évoluons ne tend pas vers cela, elle tend vers plus de tâches encore à accomplir.

Avec l’IA, on va devoir prendre de plus en plus de décisions de haut niveau. Ce qui va devenir un enjeu. Je vois aussi le défi générationnel et les relations entre collègues. Entre des jeunes générations très friandes de l’IA et d’autres plus fébriles.

Tu parles de question sécuritaire avec l’IA. À quel niveau ?

Laurie Michel : Il s’agit plutôt de la relation de dépendance qui peut se créer. Il existe, par exemple, plusieurs outils IA qui sont ainsi interdits aux mineurs pour le risque qu’elles font peser.

Une IA est conçue pour que la conversation avec elle ne s’arrête jamais. Tu crées ainsi un lien avec la machine et il faut comprendre ce qu’il se passe dans notre cerveau quand on parle à ce type d’outil pour mettre des barrières et se protéger. Car ce n’est pas inné, même pour les adultes, même si on l’utilise « juste pour des raisons professionnelles »…


Découvrez la conférence de Laurie Michel Chatbots IA : usages sains et sécuritaires :



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