TruMontréal 2026 : l’IA au coeur des préoccupations des recruteurs Reviewed by Philippe Jean Poirier on . Source : Linkedin 22 octobre 2026 La 14e édition de la « non-conférence » sur le recrutement se tenait ce mardi 20 octobre au 8e étage de la Maison Manuvie, à M Source : Linkedin 22 octobre 2026 La 14e édition de la « non-conférence » sur le recrutement se tenait ce mardi 20 octobre au 8e étage de la Maison Manuvie, à M Rating: 0

TruMontréal 2026 : l’IA au coeur des préoccupations des recruteurs

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22 octobre 2026

La 14e édition de la « non-conférence » sur le recrutement se tenait ce mardi 20 octobre au 8e étage de la Maison Manuvie, à Montréal. L’occasion de prendre le pouls des recruteurs sur des sujets chauds comme la neurodiversité et le ralentissement économique, mais aussi et surtout de l’impact de l’IA dans le recrutement. Retour sur l’événement tenu à bout de bras par Sandrine Théard, fondatrice de l’école de recrutement Les Sources Humaines.

Dans la petite salle de conférence, avec une vue entrecoupée sur le Mont-Royal, l’occasion était belle, café et muffin en main, de demander aux recruteurs ce qu’ils venaient chercher dans cet événement. Avec toujours la même réponse : ils voulaient parler et entendre parler d’intelligence artificielle ! Notamment l’impact de l’IA sur le métier, comprendre les risques et, finalement, savoir quoi faire avec.

Je n’ai pas l’impression de gagner du temps, mais juste que mon cerveau fonctionne différemment, a expliqué une participante lors de la discussion «De recruteur à architecte de talents : l’IA source, sélectionne, prend les RDV… elle est où, ma place ?». Je dois beaucoup plus challenger les candidats, car eux aussi se servent de l’IA. On doit revenir à des entrevues en présentiel, c’est une logistique à gérer. »

De plus en plus de vigilance face à la fraude

L’IA affecte en effet toute la chaîne du recrutement, incluant les candidats. De nombreux recruteurs ont ainsi fait remarquer que plusieurs des CV qu’ils reçoivent ne correspondent pas aux compétences réelles du candidat. Conduisant à des situations parfois comiques ou absurdes.

Comme cette personne responsable en acquisition de talent qui a reçu la candidature d’un nommé « Jean-François Gatti » ayant étudié à la Polytechnique. En visio, la recruteuse a été confrontée à un candidat d’origine asiatique, parlant anglais avec un fort accent asiatique. Quand elle a demandé de passer au français, le candidat s’est déconnecté… et a disparu dans la nature!

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Le fondateur de Sourcinc, Sébastien Savard, s’est quant à lui fait demander par ses clients américains comment sa firme s’assurait que les candidatures « sourcées » étaient de vraies personnes et non des avatars ou des fraudeurs.

Un type de fraude que l’on voit beaucoup aux États-Unis, ce sont des gens qui appliquent sur plusieurs emplois à distance. Ils peuvent cumuler quatre ou cinq postes en même temps, qu’ils font rouler avec de l’intelligence artificielle », explique-t-il. 

La méfiance est rendue telle que certains employeurs ne veulent pas rencontrer les candidats dont le CV a l’air « trop parfait » – parce que fait à l’IA, affirme une recruteuse.

Attendons une minute… peut-on d’abord parler au candidat? Peut-on voir ce qu’il va nous dire en entrevue plutôt que seulement se fier au CV? », s’interroge-t-elle.

Portrait d’un recruteur armé de l’IA

Il n’y a évidemment pas que les candidats qui se servent de l’IA, les recruteurs aussi. Parfois même sans se soucier de l’éthique ou des lois en vigueur, comme l’a rapporté une directrice du recrutement, qui s’est rendu compte que des membres de son équipe prenaient des candidatures soumises dans un ATS pour les déverser dans ChatGPT afin d’avoir une évaluation rapide.

Les candidats n’ont pas consenti à cette utilisation de leurs renseignements », s’est-elle indignée.

D’autres recruteurs ne semblaient pas voir de problème avec cette pratique, en faisant valoir que l’utilisation « fantôme » de l’IA était compréhensible, dans un marché aussi rapide et compétitif.

L’équipe de Sourcinc de son côté a testé l’application Alex AI, un agent qui conduit des entrevues selon l’approche demandée par le recruteur.

Les résultats sont impressionnants, dit Sébastien Savard. L’agent pose des questions aussi pertinentes qu’un bon recruteur, mais peut-être pas autant qu’un excellent recruteur. Le problème, c’est que les candidats n’aiment vraiment pas ça. »

« Les recruteurs continuent d’avoir un rôle important, mais davantage dans l’évaluation des candidats »

On comprend que le marché du recrutement vit des changements profonds. Dans son mot de bienvenue, Sandrine Théard disait elle-même réfléchir à son avenir. Un peu à la blague, un peu par provocation, convient-elle. Mais elle remarque néanmoins qu’une portion de la chaîne de valeur du recrutement est en voie d’être siphonnée par l’IA.

La partie recherche de candidats et identification des profils est de plus en plus prise en charge par l’IA. Des agences de sourçage ferment, il y a un grand questionnement de ce côté. Les recruteurs continuent d’avoir un rôle important, mais davantage dans l’évaluation des candidats. »

La fondatrice de TruMontréal nuance son propos en rappelant qu’il y a 20 ans, LinkedIn avait fortement perturbé la pratique du recrutement. On avait alors annoncé la fin du métier de recruteur, dès lors que tout le monde pouvait s’afficher sur LinkedIn.

Or, rien de tout cela ne s’est produit. Dans un monde professionnel façonné par LinkedIn, les recruteurs n’ont jamais été aussi demandés. Reste maintenant à savoir quelle place les recruteurs peuvent occuper, avec une IA qui augmente leurs performances à vitesse grand V.




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