Les événements sportifs ont-ils un réel impact sur l’économie locale? Reviewed by François Nadeau on . Le sport, c'est plus que jamais une histoire de gros sous. Deux exemples récents : l'entente de 12 ans - et 5,2$ milliards - signée entre le géant canadien Roge Le sport, c'est plus que jamais une histoire de gros sous. Deux exemples récents : l'entente de 12 ans - et 5,2$ milliards - signée entre le géant canadien Roge Rating: 0

Les événements sportifs ont-ils un réel impact sur l’économie locale?

Football stadiumLe sport, c’est plus que jamais une histoire de gros sous. Deux exemples récents : l’entente de 12 ans – et 5,2$ milliards – signée entre le géant canadien Rogers Communications et la Ligue nationale de hockey (LNH), et les Jeux olympiques d’hiver de Sotchi dont les coûts totaux ont été évalués à quelque 50 milliards de dollars.

Mais est-ce que ces investissements en valent la peine ? Est-ce qu’une grande victoire sportive ou l’organisation d’un événement d’envergure mondial peut soulever un pays ou une ville au point d’avoir un effet sur son économie?

L’euphorie de la victoire en Coupe du monde

En 2010, la finale de la Coupe du monde de soccer se tenait entre les Pays-Bas et l’Espagne. Ces derniers l’ont finalement emporté. Les économistes estimaient alors que la victoire de l’Espagne, qui traversait alors des années difficiles, pouvait accroître de 0,25 % la croissance économique annuelle du pays.

Si les Pays-Bas l’avaient emporté, on aurait parlé d’une augmentation allant jusqu’à 0,5 % de la croissance annuelle, en poussant à la hausse les dépenses des consommateurs de près de 900 millions de dollars. Selon Jan Hommen, PDG chez ING, le fait de devenir champion du monde insuffle un vent d’enthousiasme au pays gagnant, ce qui pousse à la hausse les dépenses des consommateurs.

Des événements coûteux pour les pays hôtes

Mais qu’en est-il pour le pays hôte? La prochaine Coupe du monde de soccer, qui débute en juin, a fait beaucoup jaser en raison des dollars investis par le Brésil pour tenir la compétition.

En lisant les rapports de firmes réputées comme Moody’s, il semble que les retombées de l’événement risquent de ne pas compenser pour les coûts engendrés, lesquels sont estimés à plus de 11 milliards de dollars. La compétition aura un effet bénéfique sur plusieurs secteurs, mais l’impact sera de courte durée et de faible ampleur relativement à la taille de l’économie brésilienne.

 

Pour les Jeux olympiques de Sotchi, le constat semble le même: il sera difficile de rentabiliser les 50 milliards de dollars investis. De plus, autant en Russie qu’au Brésil, on devra trouver des façons de rentabiliser toutes les infrastructures construites pour l’occasion.

«Rarement, pour ne pas dire jamais, la tenue des Jeux olympiques se transforme en profits pour les pays hôtes», avance Mauro Guillen, professeur à Wharton.

Pourquoi, alors, tenir de tels événements ? Guillen avance que pour plusieurs villes, la visibilité offerte par l’organisation de ces grands rendez-vous a marqué leur entrée dans les rangs des plus grandes villes du monde. Pensons à Tokyo en 1964 et Séoul en 1988.

Qu’en est-il de notre sport national ?

L’impact économique des séries éliminatoires de la LNH sur une ville, une province, un État ou un pays dépend des équipes qui s’y affrontent. Pour les diffuseurs et les publicitaires, il vaut mieux que des équipes provenant de gros marchés comme New York ou Los Angeles soient parmi les finalistes. Cela risque d’être le cas cette année.

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Pour les séries actuelles, la présence du Tricolore est un baume pour les annonceurs canadiens puisqu’aucune autre équipe au nord de la frontière n’a pu se qualifier. Ce serait pire encore si des équipes comme Winnipeg et/ou Edmonton avaient été les seules à participer aux séries d’après-saison, car leur marché est beaucoup plus petit que celui de Montréal et rallie, conséquemment, beaucoup moins de téléspectateurs à travers le pays.

Et combien rapporte chaque partie jouée en série pour la ville hôtesse? Des économistes évaluent les retombées à environ 3 millions de dollars.

Encore là, il faut relativiser l’impact des revenus engendrés par ce genre d’événement. Les restaurants et bars, par exemple, font des affaires d’or les soirs de parties. Toutefois, une portion de cet argent provient d’une clientèle locale qui aurait, d’une façon ou une autre, dépensé cet argent en loisir.

A propos de l'auteur

François Nadeau
Analyste marketing

Diplômé du MBA en marketing de l'Université Laval, je travaille présentement en tant qu'analyste marketing. Je me passionne pour tout ce qui touche les nouvelles technologies et les nouveaux médias. Courriel: fnadeau@isarta.com

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