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Comment déceler et éviter le présentéisme ?

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Photo : Studio Republic / Unsplash

14 novembre 2019

Un nouveau rapport français nous apporte des clés pour comprendre le phénomène du présentéisme, le déceler et surtout, l’éviter.

Dans la terminologie RH, le «présentéisme» renvoie au fait de se présenter au travail sans avoir la productivité attendue, pour des raisons propres au salarié, lorsqu’on est diminué par une maladie par exemple, ou à cause de l’organisation en elle-même (démotivation, manque de reconnaissance, relations conflictuelles etc.)

Si l’on s’intéresse aujourd’hui à ce phénomène, c’est parce que les dommages qu’il cause aux organisations commencent à être mieux connus:

[…] venir au travail alors que l’on est malade serait cause d’une baisse de productivité plus importante que celle engendrée par l’absentéisme. Il conviendrait donc que les travailleurs malades s’absentent puisque lorsqu’ils se présentent au travail ils y seraient moins productifs de 30 % et plus, considérant le travail accompli en temps normal (Hemp, 2004) », explique-t-on dans le rapport Le présentéisme au travail – Mieux évaluer pour mieux prévenir, datant de juin 2019.

En outre, la perte de productivité peut s’étendre au niveau collectif compte tenu des risques de contamination sur le lieu de travail (Barmby et Larguem, 1999).»

Pour comprendre l’étendue du problème, il suffit de consulter un récent sondage de la firme Robert Half, où 90% des employés affirment se présenter au bureau lorsqu’ils sont malades.

La première raison évoquée dans le sondage est la surcharge de travail (54%), le refus d’utiliser un congé maladie (40%), la pression de l’employeur d’être présent (34%) et finalement, la pression des pairs, qui entrent eux aussi au travail lorsqu’ils sont malades.

Les corrélations du présentéisme

Lorsqu’on cherche la principale cause du présentéisme, l’étude française fait directement écho au sondage de Robert Half:

La charge de travail apparaît comme un déterminant central du présentéisme, moins toutefois en termes de durée de travail hebdomadaire que dans les dimensions mesurant l’urgence au travail. Si le salarié doit toujours se dépêcher, s’il manque de temps pour réaliser ses tâches, il s’absentera moins en cas de maladie.»

Par une analyse statistique des données nationales, les chercheurs français parviennent à dégager une série de conditions gagnantes pointant vers une réduction du présentéisme. Les voici regroupés dans le tableau suivant:

 

Les conditions gagnantes sont donc les suivantes :

  • «Travail jamais monotone»;
  • «Apprentissage de choses nouvelles»;
  • «Pas d’incertitude sur l’emploi»;
  • «Emploi bien reconnu»;
  • «Perspectives de promotion satisfaisante».

Vers plus de liberté, d’autonomie et de reconnaissance

Par conséquent, les employeurs ne sont pas démunis face au présentéisme. Ils peuvent agir sur deux fronts principaux : la charge, mais aussi l’organisation du travail.

[Nos] résultats suggèrent que les employeurs devraient considérer comment limiter la charge de travail imposée aux salariés et leur concéder une véritable autonomie de décision dans l’organisation de leur travail au jour le jour.»

Cela, sans négliger la reconnaissance au travail :

De plus, l’insécurité du travail est également corrélée au présentéisme des travailleurs, tandis qu’au contraire les indicateurs d’un travail intéressant, comme d’un travail bien reconnu, les incitent à s’absenter lorsqu’ils sont malades.»

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