Les 40 ans anxieux face à leur avenir professionnel

3 mars 2026
Les « vieux » Milléniaux sont actuellement confrontés à des questions existentielles sur le marché du travail. Menace d’obsolescence de leurs compétences, difficulté de lire un marché de l’emploi de plus en plus imprévisible… Nous avons discuté de ces enjeux avec Matthieu Degenève, coach de carrière et d’entrevue, spécialisé en recherche d’emploi.
Le coach de carrière accompagne des gestionnaires dans leur questionnement professionnel et, pour lui, la crise de la quarantaine n’est pas un mythe. Plusieurs professionnels viennent le voir car ils se sentent piégés dans leur emploi actuel.
Ils se sentent comme dans une cage dorée, explique le fondateur du site L’Å’il du recruteur. J’ai eu des conversations avec des VP d’entreprise qui ont de bons salaires, mais qui hésitent à entamer une transition de carrière, car ils sont habitués à un certain mode de vie. Je vois le même phénomène chez des gens qui ont un emploi au gouvernement ou dans la fonction publique, assorti d’un fonds de pension. ils se sentent malheureux, mais ils ne veulent pas bouger parce qu’il y a trop de conséquences négatives externes. »
Il faut dire que l’arrivée de l’IA a créé un choc auprès de toute une cohorte de cols blancs, de travailleurs du savoir ou des industries créatives.
Avec le narratif sur l’IA, il y a beaucoup de doutes, de peur et d’appréhension actuellement. Les gens veulent prévenir l’obsolescence et donc la désuétude de leur parcours actuel. Au début, on pensait que l’IA remplacerait uniquement des tâches répétitives. Or, maintenant, on se rend compte, avec stupéfaction, que ce sont aussi les emplois créatifs qui sont touchés. Des postes de designer graphique, de monteur vidéo, etc. »
Ajouté à cela, Matthieu Degenève note un épuisement plus global, découlant d’une génération qui a mené sa carrière sous le signe de la mobilité extrême et du «job hopping» pour obtenir des promotions ou des augmentations de salaire.
Certains veulent justement se sécuriser dans leur emploi. Ils aimeraient garder le même employeur jusqu’à la fin de leur carrière, car ils ont vécu parfois des sauts ou des fins d’emploi bruts, puis ils ne veulent pas que ça se répète. Donc là , ils veulent quelque chose qui va leur permettre de se stabiliser, tout en progressant. »
Au-delà des soucis liés à l’actualité, les professionnels de quarante ans et plus sont préoccupés par la question universelle de la transmission.
L’âge apporte un désir de transmission, qui peut prendre plusieurs formes – que ce soit du mentorat, de la formation pure, de la conception de contenu [de formation]. Je crois que c’est propre à l’être humain, à partir d’un certain âge, de ne plus nécessairement chercher à grimper les échelons, mais vouloir redonner. Les professionnels veulent laisser leur marque, puis donner du sens à leur vie. Ce sens-là , il le retrouve dans la transmission de leurs connaissances et de leurs compétences. »
Espérons que la frénésie entourant l’IA pourra éventuellement retomber. Le «vrai» savoir, la «vraie» connaissance «vécue», pourra alors retrouver sa juste place sur le marché du travail. La génération des 40 ans et plus en est la principale porteuse… Et elle est désireuse de la transmettre!
Sur le même thème
carrière
