Mode « fondateur » ou mode « gestionnaire » : le débat qui enflamme les entrepreneurs Reviewed by Kévin Deniau on . 26 février 2025 En fin d'année dernière, les réseaux sociaux américains se sont enflammés autour du nouveau concept de "mode fondateur" (Founder Mode) popularis 26 février 2025 En fin d'année dernière, les réseaux sociaux américains se sont enflammés autour du nouveau concept de "mode fondateur" (Founder Mode) popularis Rating: 0

Mode « fondateur » ou mode « gestionnaire » : le débat qui enflamme les entrepreneurs

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26 février 2025

En fin d’année dernière, les réseaux sociaux américains se sont enflammés autour du nouveau concept de « mode fondateur » (Founder Mode) popularisé par le célèbre entrepreneur Paul Graham. Éloge de la micro-gestion ou méthode de gestion plus efficace ? Faisons le point.

« Founder Mode ». Deux mots qui font des étincelles dans l’univers de la gestion. À l’origine, cette expression est le titre d’un article de blogue publié en septembre dernier par Paul Graham, un entrepreneur bien connu dans la Silicon Valley, notamment pour être à l’origine du célèbre accélérateur de jeunes pousses Y Combinator, dont sont issues des entreprises comme Airbnb, Stripe, Dropbox ou Reddit.

Dans cette publication, il relate l’intervention récente de Brian Chesky, le cofondateur de Airbnb, devant la cohorte d’entrepreneurs de son accélérateur. Ce dernier raconte comment il a repris les rênes de son entreprise, après une phase de flottement où elle s’était fortement bureaucratisée. Les réunions et les embauches se multipliaient alors que l’application, elle, stagnait.

Le problème selon lui ? On lui avait conseillé « d’embaucher des personnes de qualité et de leur laisser de l’espace pour qu’elles puissent faire leur travail”. Son modèle pour changer les choses : Apple et le leadership de Steve Jobs, très impliqué dans les détails de son organisation.

Founder mode vs Manager mode

Un discours qui interroge Paul Graham : pourquoi tant de personnes préconisent aux fondateurs ce qu’il ne faut pas faire ? La réponse est limpide selon lui : il existe deux façons de diriger une entreprise. Soit en « mode gestionnaire », soit en « mode fondateur ».

Le premier est largement le plus répandu car c’est celui qui est enseigné dans les universités et dans les livres. Il consiste à laisser de l’autonomie à ses équipes afin qu’elles cherchent et trouvent les solutions par elles-mêmes. « Il ne faut surtout pas se mêler des détails de leur travail, cela serait de la micro-gestion, ce qui est mal”, ironise-t-il.

Sauf que pour lui, c’est une impasse. Et il le dit de manière radicale : « cela revient à en effet à embaucher des « professional fakers » qui vont mener l’entreprise à sa perte ».

Dans un cadre entrepreneurial, il préconise plutôt ce « mode fondateur » qui consiste, de manière toutefois plus floue, à ne pas s’intéresser qu’à sa hiérarchie directe mais aux réalisations concrètes des équipes.

Polémique

Il n’en fallait pas plus pour déchaîner les passions en ligne. Certains se positionnant en soutien de cette prise de position, comme Elon Musk, l’archétype même de ce mode de gestion. D’autres, au contraire, se plaçant en opposition frontale.

“Le “Founder mode” est le dernier mot clé de la Silicon Valley pour dire aux patrons toxiques qu’ils sont géniaux,” assène ainsi Allison Morrow, journaliste à CNN.

Le danger selon eux ? Entraîner une culture néfaste en mettant sur un piédestal les adeptes de ce type de gestion. Car, comme le souligne Forbes, ce « mode fondateur » n’est pas limité qu’aux seuls fondateurs.

Si vous êtes un dirigeant qui n’est pas un fondateur, plutôt que de déléguer et de supposer que tout est pris en charge, examinez de plus près ce qui se passe. Vous devez comprendre ce qui se passe dans votre organisation », indique Frank Blake, l’ancien PDG et président de Home Depot.

Au-delà du côté binaire et un peu caricatural du débat, les multiples réactions montrent qu’une corde sensible a été touchée autant du côté des salariés que des gestionnaires. Et que la question de la bonne gestion, en creux, mérite de se poser quand la politique et l’empilement hiérarchique prennent le dessus sur les actions pour essayer de satisfaire ses clients.




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