Tendances TikTok : Doit-on embarquer à tout prix ?

11 février 2026
Les gestionnaires de médias sociaux ont l’impératif d’alimenter leurs plateformes régulièrement. Une technique est de participer aux tendances TikTok, Instagram ou Facebook, en les personnalisant à sa sauce. Faut-il toujours suivre la parade? Des gestionnaires de communauté se sont posés la question, lors de la récente mode d’écrire une fausse lettre d’excuse.
Rouge FM, Mikes, Tourisme Lanaudière et combien d’autres ont publié leur propre version de la fameuse lettre d’excuse, qui consiste à s’excuser d’avoir été trop bons ou trop bénéfiques envers ses clients.
Cette tendance laisse la spécialiste des communications Fanny Perret dubitative.
Les gens félicitent la créativité des messages des compagnies, alors qu’il n’y en a pas beaucoup, selon moi… Je suis vraiment curieuse : selon vous, est-ce que c’est un vrai mouvement ou juste un gros copier-coller collectif? », a-t-elle demandé sur la page des Pros du Web.
Chloé Laliberté, gestionnaire de communauté, abonde dans le même sens.
Honnêtement, je vis le même malaise . Aux premiers abords, d’accord, ça décroche un sourire. Par contre, le manque d’humilité dévie totalement de plusieurs positionnements de compagnies. Je comprends que cela doit être pris au 2e degré , mais comme dans toute ‘trend‘ (comme le « starterpack » de ChatGPT) il y a aussi l’inconfort de la copie d’idée ou du manque d’inspiration des autres. Je crois sincèrement qu’il faut savoir ‘jumper‘ dans la tendance au BON moment. Si t’as pas été assez rapide pour le sortir rapido, laisse tomber! Tu gagneras plus de crédibilité en ne faisant rien. »
Jonathan Thibault, spécialiste en communications numériques, se positionne différemment, en expliquant d’où vient le réflexe de participer aux tendances de tout acabit:
Je trouve ça un peu ironique qu’on se mette à critiquer les GMS qui suivent ces ‘trends‘, alors que dans les conférences, les formations, les colloques… on nous répète : « Surfez les vagues, utilisez les formats du moment, ça fait partie du jeu ».Je suis loin d’être un fan des ‘trends‘, mais la réalité, c’est qu’on travaille pour des marques qui veulent se démarquer et avoir de l’engagement. Et parfois, embarquer dans une vague, même un peu essorée, peut répondre à un objectif clair : se rendre visible, créer une réaction, rester dans la conversation. »
De ce fait, il admet que la stratégie a essentiellement pour but d’occuper un certain «espace» public.
Ça ne veut pas dire qu’on manque de créativité, insiste-t-il. Ça veut simplement dire qu’on a une job à faire. On choisit ce qui est pertinent pour le client, même si ce n’est pas toujours le format qu’on afficherait fièrement dans notre portfolio. »
De manière plus globale, Marie Michaud se rallie derrière l’intention des marques de vouloir adopter des codes Web éprouvés auprès de la nouvelle génération.
Le côté ironique des publications fait très ‘Gen z‘ – la mode, maintenant, c’est « d’embarquer », de faire comme les autres, de participer aux trends pour faire la trend, et faire comprendre que c’est une tendance. C’est la formule de TikTok, reprendre une chanson, une danse, parler d’un même livre, etc. On assiste simplement à une volonté des entreprises québécoises de vouloir rester « à la page » et de parler aux jeunes. »
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