Mobilité interne : la solution pour retrouver le goût de son travail ?

18 mars 2026
La moitié des travailleurs veulent changer d’emploi selon un sondage de Gallup. Or, la vaste majorité maintient le statu quo face à l’incertitude économique. Il en découle le phénomène détestable du « job hugging », qui consiste à conserver son emploi pour des raisons alimentaires, même s’il ne nous plaît plus. Dans un marché à l’avantage employeur, le moment est venu pour les travailleurs de considérer plus sérieusement leurs options de mobilité interne, latérale ou horizontale.
Dans un sondage récent conduit par Gallup, on constate que les travailleurs ruent dans les brancards. En novembre dernier, plus de la moitié (51%) songeaient à quitter leur employeur. Le font-ils tous ? Bien sûr que non. Sur LinkedIn, nous avons demandé à ceux qui rongent leur frein comment ils réagissaient.
Parmi les quelques répondants, une conseillère RH nous a signalé son parcours particulièrement intéressant. Il y a deux ans, Julie (elle préfère taire son nom de famille) a choisi de se tourner vers la promotion interne pour se sortir de l’impasse dans laquelle elle se trouvait.
J’aimais beaucoup mon environnement de travail, je le connaissais bien. Mais je sentais que je n’évoluais plus dans mon rôle de conseillère RH.»
Elle décide de poser sa candidature à un poste de directrice, dans la même organisation. C’est une stratégie qui, en théorie, devrait être vue d’un bon œil par une majorité d’employeurs. Dans un sondage mené par la firme EY, 90% des employeurs reconnaissent qu’aligner mobilité interne et  recherche de talent pouvait être bénéfique pour eux.
Dans l’ensemble, il faut reconnaître aussi que le «développement interne des compétences» est dans la mire de plusieurs organisations. Selon une analyse de SIGMA, huit employeurs sur dix affirment que le «reskilling» (acquisition de nouvelles compétences) et «l’upskillng» (renforcement de compétences existantes) est au cÅ“ur de leur stratégie d’entreprise.
Toutefois, et c’est là que le bât blesse… à peine 30% prennent des actions concrètes pour faciliter la mobilité interne (selon EY). Ce manque d’ouverture au talent interne se fait ressentir chez les employés. Dans un rapport de janvier mené par General Assembly, 39% des employés affirment que leur employeur néglige les candidatures internes au profit de la chasse externe.
Pas de promotion… mais un plan de développement
Dans le témoignage que nous avons recueilli, Julie n’a pas obtenu le fameux poste de directrice. Est-ce un exemple concret du manque d’ouverture de son employeur? Oui et non. Le fait de postuler sur un nouveau poste a initié une conversation avec son supérieur immédiat.
Je n’ai pas eu le poste de directrice sur lequel j’ai postulé. Par contre, par la suite, mon gestionnaire m’a offert des tâches plus intéressantes et plus évolutives pour me permettre de travailler mes compétences manquantes afin de pouvoir être promue à l’avenir dans ce rôle. Si ton manager ne sait pas que tu veux plus, ne sois pas surpris si tu n’évolues pas, » conclut-elle.
