L’IA ne tient pas ses promesses ? Le problème n’est pas la technologie… mais les gestionnaires !
Par La Rédaction

1er mai 2026
Gallup vient de publier son rapport annuel sur le monde du travail qui, cette année traite – ô surprise- de la révolution de l’IA, sous le prisme du volet humain. L’occasion de se rendre compte que les technologies progressent à toute vitesse, mais que l’engagement des employés s’effondre. Le Canada n’est pas épargné, bien au contraire.
Une deuxième année de recul mondial
Commençons par l’enseignement principal de cette année. À l’échelle mondiale, seulement 20 % des salarié se sentent engagés en 2025, contre 23% au sommet de 2022. C’est la première fois que Gallup enregistre deux années consécutives de baisse. Aucune région du monde n’a vu son engagement progresser cette année.

Le constat le plus frappant concerne les gestionnaires. Leur engagement a chuté de neuf points depuis 2022, passant de 31% à 22%. La « prime de gestionnaire » disparaît même : les responsables d’équipe sont désormais à peine plus engagés que ceux et celles qu’ils dirigent. Un problème pour la révolution de l’IA, comme on va le voir dans le point suivant.
Notons que cette détérioration n’a rien d’inéluctable. Dans les organisations identifiées par Gallup comme ayant recours aux meilleures pratiques, 79% des gestionnaires demeurent engagés, soit près de quatre fois la moyenne mondiale.

Les gestionnaires, goulet d’étranglement de l’IA
Selon une étude du MIT, 95% des organisations ayant investi dans l’IA générative n’ont vu aucun impact mesurable sur leurs profits, et ce malgré près de 40 milliards de dollars dépensés. Selon Gallup, l’explication n’est ni technique ni budgétaire mais… organisationnelle !
Dans les entreprises qui investissent dans l’IA, le facteur le plus déterminant pour l’adhésion des employés, outre
l’intégration technique, est le fait que leur supérieur hiérarchique direct en soit un fervent défenseur, » indique Jon Clifton, le PDG de Gallup.
C’est en tout cas ce que démontrent les chiffres de son étude : Les employés dont le supérieur soutient activement l’usage de l’IA sont 8,7 fois plus susceptibles d’estimer que la technologie a transformé leur façon de travailler. Pourtant, moins du tiers des travailleurs américains affirment recevoir ce type de soutien.
Aussi, aux États-Unis, 65% des employés affirment que l’IA a un impact positif sur leur productivité personnelle. Mais seulement 12% estiment qu’elle a transformé la façon dont le travail se fait dans leur organisation. L’amélioration de la productivité individuelle ne se traduit pas pour le moment en gain collectif.

Le Canada, dans le ventre mou en matière d’engagement
Si l’on ne se concentre que sur les données canadiennes, on peut remarquer que seulement 21% des travailleurs du pays se disent engagés au travail, contre 32% chez les voisins américains.
Le stress quotidien atteint 58% au pays, soit huit points de plus qu’aux États-Unis (50%) et bien au-dessus de la moyenne mondiale de 40%. La colère ressentie touche 20% des Canadiens, la tristesse 23%. Le sentiment d’épanouissement, lui, a reculé à 50% alors qu’il oscillait autour de 75% au début des années 2010.
Pistes à retenir pour les RH
Le message final à retenir ? La prochaine vague de productivité ne se gagnera pas au sein des équipes techniques, mais dans la formation et l’engagement des gestionnaires intermédiaires.
Gagner la révolution de l’IA dépendra moins de la technologie déployée que de la qualité du leadership exercé sur celles et ceux qui l’utilisent », conclut Jon Clifton.
Sur le même thème
IA