Confession d’une rédactrice marketing : « J’ai beaucoup ralenti mon utilisation de ChatGPT»

29 avril 2026
Suivant le mouvement de toute une industrie, la rédactrice Web Brigitte Bertrand a d’abord surfé sur la vague de l’IA sans trop se poser de question. Elle a fini par déchanter, lorsqu’elle a vu que la mécanique dépassait sous le jupon. Elle a restreint aujourd’hui son utilisation dans ses mandats marketing. Vue des coulisses.
Brigitte Bertrand est cofondatrice de l’agence CroustiWitchy Marketing, basée à Sainte-Agathe-des-Monts, qui fait de la stratégie, du design, de l’intégration et de la rédaction de contenu Web. Dès 2022, elle et son équipe ont pris le train de l’IA générative en activant ChatGPT.
Au départ, on l’utilisait vraiment beaucoup, reconnaît-elle. J’avais établi des flux de travail et fais plein d’automatisations. On l’utilisait pour rédiger du contenu Web, des courriels, des carrousels… »
Brigitte Bertrand avoue qu’il y a d’abord eu une lune de miel :
Les premiers mois, c’était vraiment super. On se disait : « Wow, c’est extraordinaire tout ce qu’il peut rédiger pour nous ». Puis, à un moment donné, on a fini par voir le côté très édulcoré de l’intelligence artificielle. La rédaction tombe à plat.»
« Tout devient pareil et égal »
Aujourd’hui, quand elle lit du contenu dans son fil LinkedIn ou une infolettre, son nez d’ancienne journaliste reconvertie en rédactrice Web repère tout de suite les procédés.
Je sais tout de suite que c’est de l’intelligence artificielle, dit-elle. Même si c’est un peu reformulé, la façon qu’elle va travailler avec les triades, la façon qu’elle a de dire, «ceci, ce n’est pas cela», etc. »
Avec le recul, elle commence à mettre en doute la valeur de ce contenu.
On pensait gagner du temps, mais finalement, tout devient pareil et égal. Il faut donc réécrire, reformuler, retravailler. Si on veut se démarquer sur le web, nos contenus doivent être différents. Et l’intelligence artificielle ne me permet pas de faire ça. L’IA, c’est un système de probabilité, donc c’est sûr qu’il va sortir la réponse la plus probable. »
Il y a quelques mois, elle a déserté ChatGPT pour adopter Claude et Gemini. Elle fait une prédiction à deux sous: Chat GPT deviendra le futur « Skype ». Elle utilise aujourd’hui Gemini pour écrire des ébauches de courriel. Toutefois, elle refuse d’envoyer à un client une réponse qui n’a pas d’abord été réécrite, et surtout, relue et validée sur le fond.
J’ai beaucoup ralenti mon utilisation», convient-elle.
Tout récemment, elle a eu un incident qui l’a convaincu de tenir cette ligne pour son entreprise. Elle voulait louer un chalet sur Airbnb et s’est retrouvée confrontée à un fraudeur qui voulait l’escroquer. Elle a voulu signaler l’incident à la plateforme. Le mieux qu’elle a pu faire ? Dialoguer avec une IA pendant deux jours !
Pour régler la situation, il a fallu qu’un humain s’en mêle, le troisième jour. C’était tellement désagréable comme expérience! Ce n’est pas le genre de chose qu’on veut faire vivre à nos clients.»
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