Comment va évoluer le SEO et le GEO?

8 avril 2026
Il y a deux ans, l’agence de marketing numérique Rablab a délaissé l’étiquette de généraliste pour devenir un expert de la découvrabilité dans les moteurs de recherche. Nous avons discuté de l’avenir du SEO («search engine optimization» ou référencement naturel) et du GEO («generative engine optimization ou référencement pour IA) avec Nicolas Rabouille, son cofondateur.
On ne les voit pas à l’œil nu, mais ils sont bien là. Les IA génératives agissent dans l’ombre. Telle une armée de fourmis charpentières, elles s’infiltrent dans l’entre-montant des murs et faux plateaux des sites Web pour grignoter et surtout, analyser les contenus.
Les IA sont en train de royalement faire exploser nos métriques, annonce Nicolas Rabouille. Il y a eu toujours des robots dans le trafic des sites Web, mais là, c’est sans commune mesure. »
Les IA cherchent des réponses… à vos questions. De plus en plus de personnes font leurs recherches à partir d’une application d’IA générative. Déjà, 40% des utilisateurs qui ont une recherche de type « comment faire » – qui implique une réponse avec des étapes à suivre, préfèrent poser la question à ChatGPT ou consorts plutôt qu’un moteur de recherche.
Et même si une large majorité de personnes continuent d’interroger les moteurs de recherche de Google (90% selon statcounter), celui-ci intègre rapidement l’IA dans ses résultats de recherche (avec l’option « Mode IA »).
Les intentions de recherche plutôt que les mots clés
Pour les marques, la stratégie pour se faire découvrir n’est plus la même, annonce le cofondateur de Rablab. On ne réfléchit plus en termes de mot-clé, mais plutôt en intentions de recherche. Qu’est-ce que les Internautes cherchent à savoir – quelles sont les questions les plus fréquentes ? On peut utiliser des outils comme la Search console de Google ou d’autres applications. Quand on a trouvé les intentions, on va sur notre site Web et on crée un amalgame de contenus par rapport à cette intention-là, puis toutes les questions possibles qui peuvent être posées par cette question. On va créer des hubs de contenus en lien avec ces intentions de recherche. »
D’une certaine manière, il faut imaginer les IA comme des agents autonomes, en quête d’information pour répondre à leurs millions de requêtes quotidiennes.
Les IA génératives connaissent les données historiques. Toutefois, elles n’ont pas d’information récente sur des produits ou des services. Elles vont parcourir le Web avec des moteurs de recherche comme Google. Pour établir sa crédibilité face à une IA, il est bon d’avoir des sources extérieures qui parlent de nos services ou de nos produits, » poursuit-il.
Cette stratégie existait déjà avant le GEO, mais elle gagne maintenant en importance.
Le GEO, c’est un mélange de SEO et de relations publiques. Si on parvient à faire parler de nous sur des sites crédibles, des médias en ligne, Reddit, des sites de palmarès et ainsi de suite, on ressort plus facilement dans les applications d’IA générative. »
Depuis que Rablab a opéré son virage SEO et GEO, son obsession est de comprendre ce que cherchent les IA génératives sur un site Web.
Quand on regarde les logs d’un site Web, on peut voir sur quelles pages spécifiques les robots sont venus. Ça nous donne une indication de ce qu’un Internaute a demandé à un LLM. Par la suite, ce que l’on va tenter de faire, c’est d’optimiser le site par rapport à ces demandes-là, » précise-t-il.
Un futur qui contient « deux Web »
On nous répète que l’IA est là pour rester. Est-ce à dire que, bientôt, la découvrabilité passera exclusivement par des IA ? Et qu’il faudra, en fin de compte, apprendre à parler leur langage et les comprendre eux (plutôt que l’inverse)? Nicolas Rabouille entrevoit un chemin mitoyen.
Selon moi, dans le futur, il va y avoir deux web : un web pour les IA qui va être optimisés pour que les IA comprennent rapidement et facilement l’information, puis un web pour les humains. C’est déjà ce qu’on a commencé à tester avec une application comme CloudPlayer. Ils appellent ça du AI Markdown, où il y a une version pour les IA qui est comme ton code simplifié pour les IA, » explique-t-il.
Aucune étude ne prouve que cette voie fonctionne mieux qu’un Web « unique » ou « intégré », précise-t-il, mais c’est vers cette approche que les grands joueurs semblent vouloir aller.
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