L’agilité décisionnelle comme remède pour les entreprises confrontées à ces temps troublés Reviewed by Philippe Jean Poirier on . Josée Marcotte, CRHA et présidente de la firme Émergence 13 octobre 2026 Les analyses du monde des affaires n’ont pas fini de nous angoisser. Après nous avoir e Josée Marcotte, CRHA et présidente de la firme Émergence 13 octobre 2026 Les analyses du monde des affaires n’ont pas fini de nous angoisser. Après nous avoir e Rating: 0

L’agilité décisionnelle comme remède pour les entreprises confrontées à ces temps troublés

Par

Josée Marcotte, CRHA et présidente de la firme Émergence

13 octobre 2026

Les analyses du monde des affaires n’ont pas fini de nous angoisser. Après nous avoir expliqué que le monde était entré dans l’ère « VICA » (en français: Volatilité, Incertitude, Complexité, Ambiguïté) dans les années 1980, nous avons récemment basculé dans l’ère « BANI », caractérisée par la Fragilité («Brittle»), l’Anxiété, la Non-linéarité et l’Incompréhensibilité. Ouf… Voici comment vous comporter dans une telle époque.

Dans l’ère trumpienne, faite de tarifs intempestifs, de guerre commerciale « absurde » et d’agression militaire insolite (ex : capture de Maduro), le cadre d’analyse macroéconomique proposé par l’auteur futuriste Jamais Cascio en avril 2020 sur Medium sonne aujourd’hui douloureusement vrai :

Nous sommes dans une ère de chaos, une époque qui intensément, presque violemment, rejette toute structure. Il ne s’agit pas d’une simple instabilité, c’est une réalité qui semble résister activement aux efforts déployés pour comprendre la trame de fond de ce qui se passe réellement. »

Selon lui, les critères de volatilité ou de complexité propres au cadre « VICA » sont devenus des «lentilles» insuffisantes pour expliquer le monde actuel. Le monde n’est pas simplement instable, il est chaotique. Le cours des événements n’est pas simplement «difficile à prévoir», il est totalement «imprévisible».

Nourrir la confiance et l’agilité décisionnelle

Josée Marcotte, CRHA et présidente de la firme Émergence, a abordé le sujet lors d’une conférence sur l’agilité décisionnelle au Forum RH PME de mai dernier :

Cette complexité n’existait pas avant, fait valoir la consultante. Elle nous pousse aujourd’hui à repenser complètement nos chaînes décisionnelles pour gagner en rapidité et en agilité. Pour être pérennes, nos entreprises doivent complètement se transformer.»

La consultante prône un modèle de gestion décentralisée où les décisions se prennent « sur le terrain » plutôt que de remonter sans cesse en haut de la pyramide hiérarchique.

Le principe de base, c’est : « celui qui sait, fait et celui qui fait, sait. » Et quand on va donner le pouvoir à ces gens-là, on libère tout un étage de prise de décision inutile qu’on ramène vraiment au bon niveau, » assure-t-elle.

Pour faire face à un environnement « BANI », Josée Marcotte met de l’avant un modèle de gestion qui s’apparente à l’entreprise libérée. Elle propose de voir une organisation comme un corps vivant avec des organes à nourrir plutôt qu’une machine avec des pièces interchangeables. Elle propose de délaisser la structure traditionnelle pyramidale pour adopter une structure en cellules et en rôles qui ne sont pas attachés à des individus uniques.

Vous prenez tous vos besoins organisationnels et vous les convertissez en rôles. Ces derniers n’appartiennent pas à des individus, précise-t-elle. Une personne peut incarner plusieurs rôles en fonction de ses compétences. Ça ouvre tout un monde de possibilités. Plutôt que d’enfermer des gens dans une structure immuable et rigide, ça permet de les utiliser au meilleur de leurs compétences, de leur potentiel et de leurs intérêts. »

Facile à dire sur le papier. Mais sur le terrain, les gestionnaires devront revoir leurs pratiques.

La première chose à faire, c’est de travailler sur la confiance et l’autonomie de leurs équipes. Je laisse les individus prendre des décisions dans le cadre des rôles qui ont été bien établis. J’accorde le droit à l’erreur et je leur permets de prendre des décisions sans toujours demander la permission. Ça, pour les gestionnaires, ça prend un profond travail sur soi. Ce n’est pas nécessairement naturel, » ajoute-elle.

En contrepartie, la direction de l’entreprise doit donner une mission claire à son équipe.

Il faut produire de la clarté et de l’alignement. On remplace le contrôle dans nos organisations par de la clarté. Plus mes valeurs sont fortes, plus mes valeurs sont communiquées, plus les gens vont agir dans ce sens-là. »

Voilà comment on sort de la « paralysie décisionnelle » dans laquelle l’environnement d’affaires BANI a plongé plusieurs PME, ces derniers mois.




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