Industries créatives : Montréal, 7e métropole nord-américaine… mais les défis à venir sont nombreux Reviewed by La Rédaction on . [caption id="attachment_61309" align="aligncenter" width="724"] Source : CCMM[/caption] 7 décembre 2018 Cinq ans après la dernière étude sur le sujet, la Chambr [caption id="attachment_61309" align="aligncenter" width="724"] Source : CCMM[/caption] 7 décembre 2018 Cinq ans après la dernière étude sur le sujet, la Chambr Rating: 0

Industries créatives : Montréal, 7e métropole nord-américaine… mais les défis à venir sont nombreux

Source : CCMM

7 décembre 2018

Cinq ans après la dernière étude sur le sujet, la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) vient de publier un nouveau portrait des industries créatives montréalaises. Montréal conserve un statut privilégié, même si la métropole a connu un dynamisme légèrement moindre que ses consoeurs. 

Intitulée « Industries créatives : réussir dans un environnement en mutation rapide », cette étude a été menée par la firme KPMG.

Avant de vous en proposer les faits saillants, il convient tout d’abord de rappeler que les industries créatives sont définies ici comme des industries qui trouvent leur origine dans la créativité, les compétences et le talent d’une personne et qui ont un fort potentiel de croissance et d’emploi à travers la production et l’exploitation de la propriété intellectuelle.

Autrement dit, pour qu’une industrie soit reconnue comme créative, elle doit donc reposer de manière substantielle sur des processus créatifs mais aussi engendrer une valeur économique.

Un pôle d’activité économique très important pour la métropole

Les industries créatives rassemblent près de 101 300 emplois directs dans la RMR de Montréal en 2017, soit 4,7 % de l’emploi total de la métropole.

Montréal se caractérise d’ailleurs pour des sous-secteurs assez homogènes. Ainsi, le sous-secteur des médias constitue le plus important d’entre eux (28 % des emplois des industries créatives montréalaises), suivi par les arts (23 %), la communication créative (publicité) (18 %), le multimédia (17 %) et l’architecture et le design (14 %).

A regarder de plus près, on remarque que les travailleurs autonomes et les entreprises de petite taille représentent une proportion importante des effectifs. Ce qui est caractéristique en soi des industries créatives en règle générale.

Ainsi, les travailleurs autonomes œuvrant dans les industries créatives comptent pour 27,7 % de l’emploi à Montréal, soit plus que le double de la proportion de travailleurs autonomes à l’échelle de l’économie montréalaise (12,2 %).

Par ailleurs, près de 64 % des entreprises du secteur sont considérées comme étant de très petite taille (moins de 5 employés), une part beaucoup plus importante que pour l’ensemble des industries montréalaises (57 %).

Une industrie majoritairement masculine et en croissance

La CCMM a analysé également le genre des personnes travaillant dans ces industries. Il en ressort que, globalement, 44 % des emplois à Montréal sont occupés par des femmes, ce qui est inférieur à la moyenne de l’économie montréalaise (49 %), qui elle, est plus paritaire.

En creusant, on se rend compte que c’est le sous-secteur du multimédia qui biaise un peu le tableau global : seul le quart des emplois y est occupé par des femmes.

Voilà pour le portrait actuel. L’étude s’est évidemment aussi intéressée à son évolution et son dynamisme.

Il en ressort que l’emploi dans ces industries a connu une croissance annuelle de 1,6 % au cours des cinq dernières années, soit davantage que l’économie montréalaise prise dans son ensemble (1,3 %). En particulier, le secteur du multimédia a affiché une croissance de l’emploi impressionnante (+ 7,6 % par an), bien loin devant les secteurs de la communication créative (+3,1 %) et de l’architecture et du design (+1,5 %) et surtout celui des médias qui a accusé un recul de 0,9 % (une baisse principalement attribuable à l’édition de journaux, de périodiques, de livres et de répertoires).

Cette croissance de l’emploi des industries créatives se situe dans la moyenne des autres grappes industrielles comme les TIC (+1,7 %) ou la Finance et assurance (+ 1,7 %), au-dessus des secteurs des sciences de la vie (+0,2 %) et de l’aérospatiale (-1,5 %) mais loin du secteur du transport et de la logistique (+4,5 %).

9,4 milliards de retombées économiques

Les industries créatives sont bien une source de richesse pour Montréal et le Québec. En 2017, elles ont généré plus de 9,4 milliards de dollars en retombées économiques pour le Québec, dont 6,6 milliards de dollars en retombées directes. Soit une augmentation de 800 M$ en retombées directes depuis 2012.

Outre les 101 300 emplois directs qu’elles engendrent (+ 9 754 emplois depuis 2012), ces industries soutiennent plus de 37 625 emplois (en équivalent temps plein) dans la chaîne de fournisseurs. Elles contribuent également pour plus de 947 M$ en recettes fiscales (572 M$ pour le gouvernement du Québec et près de 375 M$ au niveau fédéral) et 942 M$ en recettes parafiscales.

Montréal, toujours 7e métropole nord-américaine

Enseignement intéressant de l’étude : la comparaison de Montréal par rapport aux autres métropoles nord-américaines. Et comme en 2012, Montréal se classe au 7e rang quant à l’intensité de ses emplois au sein des industries créatives (3,5 % de ses emplois totaux se trouvant dans les industries créatives, une proportion constante par rapport à 2012).

Ce classement des métropoles créatives est toujours dominé par les régions métropolitaines de Seattle, Los Angeles et San Francisco (avec des intensités respectives de 5,1 %, 4,8% et 4,2 %). Au Canada, à noter que les deux autres métropoles canadiennes Vancouver (3,9 %) et Toronto (3,9%), arrivent devant Montréal en étant respectivement 4e et 5e.

Si Montréal est demeurée relativement stable en termes d’intensité de l’emploi dans les industries créatives au cours des cinq dernières années, il faut tout de même rappeler que six des métropoles du «top 10» ont connu une croissance du secteur. Par ailleurs, en termes absolu, avec un peu plus de 62 000 emplois, Montréal glisse au 10e rang. Loin derrière New York (350 000 emplois), Los Angeles (280 000 emplois), et Toronto (100 000 emplois).

Montréal se caractérise toutefois par un profil relativement bien équilibré si l’on regarde les différents sous-secteurs.

À Montréal, on compte ainsi 5,2 emplois par tranche de 1 000 emplois dans le domaine de la musique, des arts de la scène et des arts visuels, alors que la moyenne des régions à l’étude est de 3,2 emplois. Seules trois villes surpassent Montréal à ce niveau, soit Nashville (8,5), Los Angeles (7,3) et New York (5,5).

Dans le domaine de l’architecture, du design et de la création de mode, Montréal compte 5,3 emplois par tranche de 1 000 emplois, se classant ainsi derrière Vancouver (6,6), Toronto (6,1) et San Francisco (6,0).

Dans le sous-secteur de la publicité et des relations publiques, Montréal est passé du 7e au 5e rang, et comptait, en 2017, 5,9 emplois par tranche de 1 000 emplois. La métropole devance Atlanta (5,8) et Los Angeles (5,3), mais se situe derrière Toronto (9,8), New York (9,5), Chicago (6,3) et San Francisco (6,0). Ce gain est le fruit de la croissance plus soutenue du secteur montréalais de la publicité et des relations publiques, en comparaison avec d’autres métropoles d’importance.

 

Pour maintenir l’élan, conserver nos acquis et assurer notre place dans de nouveaux marchés et plateformes, des transformations significatives s’imposent, qu’il s’agisse de mécanismes de concertation et de collaboration, de compétences en matière de mise en marché, de développement continu des talents ou de mesures fiscales modernes et équitables », indique en préambule Michel Leblanc, le président et chef de la direction Chambre de commerce du Montréal métropolitain.

L’Association des agences communication créative (A2C), la voix de près de 70 agences québécoises, a d’ailleurs salué la publication de ce rapport tout en appelant à une équité fiscale pour avoir accès aux meilleurs talents.

L’apport économique de notre secteur est indéniable alors que pourtant nous sommes pratiquement les seuls à ne recevoir aucun crédit d’impôt. Cette situation fiscale inéquitable devient problématique dans un environnement hautement compétitif et en profonde mutation, soutient Dominique Villeneuve, présidente-directrice générale de l’A2C. Des démarches se poursuivront pour sensibiliser les instances gouvernementales afin de trouver des solutions à cet enjeu. »

Vous pouvez retrouver l’intégralité de l’étude ici.

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