Comment Ursa marketing a créé sa plateforme d’agents d’IA pour optimiser ses campagnes d’achat média

14 octobre 2026
Après de premiers tests décevants, l’agence numérique Ursa marketing est parvenue à calibrer ses agents d’IA pour qu’ils puissent soutenir son équipe d’achat média. De fil en aiguille, le projet interne est devenu un produit commercial : les agents Kuma, une solution d’IA agentique qui accélère l’analyse des rapports de campagnes numériques tout en signalant les anomalies. Retour sur une expérience que le président d’Ursa marketing, Benoit Domingue, décrit comme de la « science-fiction ».
Au début de l’été 2025, l’agence basée à Saint-Jean-sur-Richelieu a commencé à expérimenter en interne des agents d’IA. Spécialisée en marketing de performance, elle doit gérer au quotidien une centaine de clients présents sur une variété de plateformes (Facebook, Google, TikTok, Instagram) qui ont, eux aussi, souvent deux à trois comptes différents de publicité.
Le lundi matin, un responsable de compte peut facilement passer une heure à juste vérifier les résultats des campagnes : est-ce que mes annonces ont fonctionné? Est-ce que j’ai fait des ventes? Est-ce que j’ai généré des prospects? Ça consomme beaucoup de temps et fait une grosse charge mentale sur notre équipe. Nous avions l’intuition que les agents pouvaient nous aider, » explique Benoit Domingue, son président.
L’agence a commencé par activer des comptes sur ChatGPT ou Claude. Et les premiers résultats s’annonçaient « incroyablement » prometteurs. L’équipe était « euphorique »… jusqu’à ce qu’elle vérifie les résultats. Bilan : beaucoup d’hallucinations et d’erreurs de calcul !
C’est un métier où les chiffres sont importants, insiste Benoit Domingue. Nous sommes retournés à la table à dessin et nous avons mieux séparé les tâches. On ne peut pas tout déléguer aux robots. »
« C’est un peu bizarre voire surréel »
L’agence a mis sa petite équipe de développeurs et de scientifiques de données à contribution pour configurer une trentaine d’agents d’IA et établir une structure de collaboration entre les agents, dans un pur esprit « agentique ».
C’est un peu comme monter une agence, explique l’entrepreneur. Nous avons défini les rôles et responsabilités de chacun. Les agents se parlent entre eux. C’est un peu bizarre, voire surréel – on se croirait dans un film de science-fiction », poursuit-il.
Des agents ont été configurés pour interagir avec chacune des plateformes (un agent est spécialisé en Google Ads, un autre en Facebook Ads, etc.), puis d’autres ont été configurés pour les superviser.
Nous avons établi une hiérarchie entre les agents. Certains coordonnent le travail, certains sont nichés tandis que d’autres révisent le travail. »
Concrètement, les agents configurés par Ursa marketing ont d’abord été déployés pour analyser les nombreuses campagnes numériques qui roulent sur les différentes plateformes de la centaine de clients de l’agence.
Opportunité commerciale
En parlant de son projet autour de lui, Benoit Domingue s’est rapidement rendu compte qu’il y avait un intérêt de la part d’autres agences pour un tel produit. Il a donc décidé d’en faire une solution offerte en SaaS : les agents Kuma ont ainsi été lancés en septembre dernier. Le prix des forfaits est établi en fonction du nombre de comptes à analyser et de la fréquence d’utilisation.
Ça ne vient pas éliminer le rôle de l’agence, mais plutôt augmenter la capacité d’analyse, précise-t-il. Ça permet d’augmenter les capacités d’une équipe marketing. Un peu comme Iron Man qui met son costume, ça donne des superpouvoirs! »
Les agents Kuma font des suggestions pour améliorer la performance des campagnes, tant au niveau de l’allocation des budgets que sur le plan créatif. Ils peuvent aussi rattraper des « coquilles » budgétaires. Au printemps dernier, le gestionnaire de compte d’une cabane à sucre a lancé une campagne numérique pour une modeste somme de 42,50 $, en omettant la virgule, ce qui a eu pour effet de gonfler la campagne à 4 250 $.
Typiquement, on ne surveille pas un petit client tous les jours. Avec un budget de 4 000 $ par jour, ça aurait pu coûter facilement 10 000 $ avant que l’erreur soit rattrapée. Or, les agents ont rapidement relevé l’anomalie au niveau du budget. Ils ont envoyé une notification pour demander si la hausse était normale. »
Une étude de cas convaincante, pour ceux qui cherchent le retour sur investissement de cette nouvelle cohorte « d’employés » numériques.
