Les Québécois francophones « peu confiants » dans leur maîtrise de l’anglais Reviewed by Philippe Jean Poirier on . 8 mai 2020 Plusieurs Québécois francophones ont honte de leur accent et préféreraient s’en débarrasser. Par conséquent, ils se privent d’occasions professionnel 8 mai 2020 Plusieurs Québécois francophones ont honte de leur accent et préféreraient s’en débarrasser. Par conséquent, ils se privent d’occasions professionnel Rating: 0

Les Québécois francophones « peu confiants » dans leur maîtrise de l’anglais

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8 mai 2020

Plusieurs Québécois francophones ont honte de leur accent et préféreraient s’en débarrasser. Par conséquent, ils se privent d’occasions professionnelles par gêne ou peur de parler en public avec un accent.

C’est ce que nous apprend un sondage Ipsos commandé par l’application Babel, mené dans 8 pays en janvier dernier (Canada, France, Allemagne, Italie, Pologne, Espagne, Royaume-Uni, États-Unis), auprès de gens ayant un intérêt minimalement « modéré » pour l’apprentissage d’une langue.

Au Québec, il est précisé que la langue étrangère la plus souvent parlée est l’anglais, comme on peut s’y attendre.

Voici les résultats :

  • Seulement 11% des Québécois francophones se sentent « en confiance » lorsqu’ils parlent dans une langue étrangère; (contre 13% au Canada anglais);

 

  • 40% se sentent « anxieux » en parlant une langue étrangère; (contre 47% au Canada anglais);

 

  • 29% voudraient se débarrasser de leur accent; (contre 32% au Canada anglais);

Alex Baratta, maître de conférences en langue, linguistique et communication à l’Université de Manchester, résume la situation dans le communiqué de presse :

Le rapport de Babel montre clairement que les gens ont des sentiments partagés à propos de leur accent. D’un côté, ils sont fiers de leur accent parce qu’il en dit long sur les multiples facettes de qui ils sont. C’est un peu comme une carte d’identité orale. Mais d’un autre côté, ils ont peur du jugement négatif des autres, car l’accent peut révéler diverses caractéristiques, comme l’ethnicité et la classe sociale. »

Ce manque de confiance a une conséquence directe sur la capacité des Québécois francophones à faire progresser leur carrière. C’est du moins ce qu’ils disent lorsqu’on leur pose la question :

  • 85% des Québécois francophones affirment que ça leur serait « bénéfiques pour atteindre des objectifs professionnels » s’ils parvenaient à « pleinement assumer leur accent ». (contre 70% chez les Canadiens anglophones)

Fiers malgré tout

En dépit de ces résultats, on doit reconnaître que les Québécois francophones se distinguent par leur cosmopolitisme. On apprend, dans le même sondage, que les Québécois francophones sont davantage bilingues que les Canadiens anglophones.

Aussi, ils parlent un plus grand nombre de langues que leurs compatriotes hors Québec, par une faible marge : 1,9 langue contre 1,8 langue, toujours selon le sondage de Babel.

Aussi, on constate que les Québécois francophones demeurent somme toute fiers de leurs origines. Le sondage mentionne que 28% des Québécois francophones sont « fiers » de leur accent. Ce pourcentage peut sembler bas, mais il ne faut pas s’y tromper. Seulement 19% des Canadiens anglais sont fiers de leur accent…

Et aussi, le taux de 28% est le résultat le plus élevé enregistré dans tous les pays!

Il y a de l’espoir, donc!



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