Reconversion professionnelle, mode d’emploi Reviewed by Philippe Jean Poirier on . 2 septembre 2026 Selon un sondage publié en juin dernier, une tendance se dessine sur le front de la réorientation professionnelle: une majorité de chercheurs d 2 septembre 2026 Selon un sondage publié en juin dernier, une tendance se dessine sur le front de la réorientation professionnelle: une majorité de chercheurs d Rating: 0

Reconversion professionnelle, mode d’emploi

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2 septembre 2026

Selon un sondage publié en juin dernier, une tendance se dessine sur le front de la réorientation professionnelle: une majorité de chercheurs d’emploi (64%) regardent des offres en dehors de l’industrie dans laquelle ils œuvrent présentement. Nous avons demandé des conseils à Matt Degenève, consultant en transition de carrière, pour entamer une transition éclairée.

Avant de s’élancer dans le vide, la première étape est bien sûr d’établir une cible, un objectif, une piste d’atterrissage potentiel. Pour cela, il faut réfléchir aux problèmes que l’on cherche à résoudre et ensuite vérifier que la solution (le nouveau métier visé) existe vraiment.

La première étape consiste à faire le point sur ce qu’on ne veut plus vivre et sur ce qu’on souhaite vraiment pour notre carrière, explique Matt Degenèves. Comme en démarrage d’entreprise, on établit une vision et des valeurs précises. Une fois qu’on a adressé l’aspect « spécifique » de l’objectif, la personne en reconversion doit ensuite vérifier si ce dernier est réaliste. Â»

Il s’agit d’effectuer une preuve de concept en quelque sorte. Comment ? En cherchant sur le Web ou en sondant directement des professionnels du métier visé.

Idéalement, une immersion courte dans le métier visé, que ce soit un stage d’observation, un engagement bénévole, un mandat pigiste ou une rencontre exploratoire, permettra d’une part de vérifier que la réalité du métier correspond à l’image que l’on s’en fait. D’autre part, ces actions peuvent générer des occasions d’embauche permanente éventuellement, » ajoute le conseiller.

Parallèlement à cela, ce dernier propose aux travailleurs en reconversion de réfléchir à leur sécurité financière.

Un plan de financement pour le changement de carrière est crucial. Il comprendra les formations et les pertes de revenus temporaires. J’aurais tendance à conseiller 18 à 24 mois de coussin financier, parce que changer de carrière prend un temps considérable dans la plupart des domaines. Â»

Si le contexte le permet, le travailleur peut se prévaloir d’une année sabbatique plutôt que de démissionner unilatéralement de son ancien emploi.

Savoir se vendre

Quand on a établi l’itinéraire et prévu les ravitaillements, il faut maintenant réfléchir à comment se vendre.   

Il faut répertorier et clarifier ses compétences transférables, annonce le consultant. On sélectionne ensuite les bonnes compétences à mettre de l’avant selon l’entreprise et le poste affiché, et ce plutôt qu’en soumettre la liste exhaustive. Il faut en faire le tri au préalable pour ne pas inonder le lecteur du CV avec une tonne d’informations ».

Matt Degenève ajoute un ingrédient à la réflexion :

Le meilleur conseil que je peux donner, c’est de ne pas juste réfléchir aux compétences transférables, mais aussi à des « résultats transférables ». Des impacts similaires à ceux passés peuvent-ils être atteints dans le futur. S’ils sont inexistants ou difficilement identifiables pour le nouveau domaine, il faut alors les rechercher, parfois les imaginer et, dans tous les cas, les clarifier pour l’employeur potentiel ».

L’idée est de donner un coup de pouce au recruteur, en l’aidant à voir la contribution que l’on peut apporter au secteur tout en lui permettant de nous imaginer dans le nouveau rôle.  

Signaler ses intentions

Dans les relances auprès d’un employeur potentiel, Matt Degenève suggère d’avancer à visage découvert en clarifiant sa démarche et ses intentions dans le CV.

Peu importe la section choisie en guise d’introduction (un titre, un profil ou un objectif), la destination doit être évoquée dans celle-ci. Le but est parfois plus que professionnel, comme un changement géographique par exemple. Dans l’en-tête, on inscrit alors la relocalisation souhaitée ou en cours. On peut aussi se positionner comme étudiant ou révéler le statut migratoire notamment. »

Le défi est plus complexe quand vient le temps d’afficher ses intentions sur une plateforme publique comme LinkedIn, reconnaît-il.

Le travailleur en reconversion n’a peut-être pas exprimé son désir de changer à son employeur actuel et à ses collègues. Aussi, certaines personnes veulent explorer plusieurs avenues professionnelles – ils ne sont pas toujours prêts à se compromettre dans une niche précise avant d’en avoir exploré quelques-unes. On peut avoir plusieurs CV, mais on n’a qu’un seul profil LinkedIn », souligne-t-il.

Son dernier conseil : réseauter, réseauter et réseauter encore…

Même si c’est une évidence, je désire mentionner que garder son réseau professionnel actif, en plus de celui personnel, s’applique autant pour les reconversions majeures que pour une recherche d’emploi « standard ». Notre réseau de contacts nous aidera certainement à repérer des opportunités et à nous faire voir de nouvelles avenues auxquelles nous n’avions pas songé jusqu’ici. Â»

La feuille de route est claire – ne reste maintenant que la mettre en application. Bonne reconversion!


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