66 % des dirigeants québécois considèrent l’IA comme un « mal nécessaire » Reviewed by La Rédaction on . 3 juin 2026 Le cabinet de conseil Brio Management vient de publier une étude auprès des dirigeants québécois sur la transformation amenée par l'intelligence art 3 juin 2026 Le cabinet de conseil Brio Management vient de publier une étude auprès des dirigeants québécois sur la transformation amenée par l'intelligence art Rating: 0

66 % des dirigeants québécois considèrent l’IA comme un « mal nécessaire »

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3 juin 2026

Le cabinet de conseil Brio Management vient de publier une étude auprès des dirigeants québécois sur la transformation amenée par l’intelligence artificielle dans leurs organisations. Réalisée en partenariat avec Léger auprès de 200 cadres et exécutifs de moyennes et grandes entreprises québécoises, elle énumère 3 signaux d’alerte. Compte-rendu.

En matière d’IA, les dirigeants québécois suivent le mouvement : 92 % utilisent l’IA et 89 % des organisations l’ont formellement implantée. La grande majorité (75 %) se dit optimiste quant aux perspectives de leur organisation pour les cinq prochaines années.

Mais cet optimisme coexiste avec une ambivalence révélatrice : 66 % qualifient pourtant l’IA de « mal nécessaire ». Une expression qui traduit un inconfort réel face à une technologie qui avance plus vite que la capacité des organisations à l’apprivoiser.

Les applications demeurent en grande partie utilitaires (rédaction, formatage, recherche d’information ) et les gains se mesurent surtout en termes de temps (72 %). La transformation organisationnelle structurelle, génératrice de valeur durable et d’avantages compétitifs réels, demeure toutefois en grande partie à construire.

Ce que notre étude révèle, c’est qu’utiliser l’IA ne suffit pas. Encore faut-il savoir pourquoi, comment, et avec quels résultats attendus ? Les dirigeants québécois ont dit oui à l’IA, mais maintenant, ils ont besoin d’un plan, des objectifs mesurables et des phases d’expérimentation pour en tirer une valeur réelle », mentionne Caroline Ménard, présidente de Brio Management.

Ce diagnostic est confirmé par Marie-Odette St-Hilaire, Ph. D., Cheffe de pratique IA de Brio:

Sans réflexe de mesure, on ne sait pas vraiment si l’IA crée de la valeur ou si on se raconte une histoire. Devenir une organisation qui mesure, qui apprend, qui ajuste : c’est peut-être le changement le plus difficile, et le plus nécessaire si on souhaite réussir ».

Le 1er signal d’alerte : un désalignement critique

Près de la moitié (43 %) des cadres identifient l’IA comme une priorité stratégique, contre seulement 27 % des exécutifs. Ce fossé n’est pas anodin : il signale que la pression de transformation vient du terrain, pendant que la vision stratégique sur l’IA tarde à s’affirmer au sommet.

Le risque est réel de voir l’IA se développer tous azimuts, sans cap clair ni alignement des équipes, perdant toute capacité de créer de la valeur réelle pour les organisations. Ce constat ouvre aussi la voie à une occasion réelle de transformer l’IA en levier concret de création de valeur.

Le 2e signal d’alerte : l’absence de mesure adaptée

Si 84 % des dirigeants estiment utile ou très utile l’implantation de l’IA, seulement 38 % ont revu leurs indicateurs de performance pour en mesurer les effets réels. La majorité des organisations évaluent donc encore leur performance avec des outils conçus pour un monde pré -IA.

Ce que cela signifie concrètement? Qu’elles mesurent combien de tâches sont accomplies ou combien de temps est économisé, mais elles ne peuvent pas évaluer la qualité du travail généré par l’IA, l’apprentissage des équipes ou l’impact réel sur les clients.

D’ailleurs, 65 % des organisations disposent d’un plan d’implantation, clair ou partiel. Et les résultats sont éloquents : les entreprises dotées d’un plan sont deux fois plus nombreuses à juger l’implantation facile (66 % contre 30 %), et 90 % estiment que celle-ci a été utile.

Un plan structuré, c’est ce qui distingue une adoption généralisée d’une transformation organisationnelle réelle et mesurable.

Le 3e signal d’alerte : Les vrais freins ne sont pas technologiques, ils sont humains et organisationnels

Les obstacles à surmonter ne sont pas là où on les attend. 84 % des dirigeants reconnaissent qu’il reste encore beaucoup à faire. Les obstacles les plus souvent cités ne relèvent pas de l’infrastructure technologique ou des capacités de l’IA elle-même.

Ils sont d’ailleurs :

  • les enjeux de cybersécurité (41 %),
  • les préoccupations éthiques et légales (31 %),
  • le manque de compétences internes (29 %)
  • et la résistance au changement (22 %)

Les besoins d’accompagnement révèlent la même tendance. Plutôt que de demander de meilleure technologie, les organisations réclament :

  • de la formation des équipes (38 %),
  • de l’aide pour choisir les bons outils (35 %)
  • et du soutien pour identifier les opportunités pertinentes (35 %)



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