« L’objectif d’un porte-parole n’est pas de lancer des messages, mais qu’ils soient retenus » (Jean Gosselin) Reviewed by Kévin Deniau on . 4 mai 2026 Le stratège en communication corporative Jean Gosselin dévoile une nouvelle conférence sur les bases du rôle de porte-parole. L'occasion de revenir a 4 mai 2026 Le stratège en communication corporative Jean Gosselin dévoile une nouvelle conférence sur les bases du rôle de porte-parole. L'occasion de revenir a Rating: 0

« L’objectif d’un porte-parole n’est pas de lancer des messages, mais qu’ils soient retenus » (Jean Gosselin)

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4 mai 2026

Le stratège en communication corporative Jean Gosselin dévoile une nouvelle conférence sur les bases du rôle de porte-parole. L’occasion de revenir avec lui sur les techniques à maîtriser pour bien faire passer ses messages, en public comme à l’interne. Entrevue.

Pourquoi le rôle de porte-parole est si stratégique dans une organisation ?

Jean Gosselin : Il faut bien voir qu’on n’est pas porte-parole seulement quand on parle à un média ou qu’on a un message à faire passer. On est porte-parole tout le temps dans une organisation !

Par exemple, quand on est superviseur d’une équipe et qu’on a des choses à dire à l’interne, on est porte parole auprès de sa direction. Ce n’est pas qu’une fonction occupée par le VP des communications ou le président.

Ma conférence s’adresse également aux personnes des communications qui accompagnent les porte-parole en public, afin de savoir comment bien préparer une prise de parole.

Quel est l’objectif des porte-parole en soi ?

Jean Gosselin : Le rôle d’un porte-parole, c’est de passer des messages. On devrait d’ailleurs plus parler de « porte-messages ». Que l’on soit en gestion de crise ou en communication traditionnelle, on a toujours des messages à faire passer et le ou la porte-parole est une personne incontournable pour le faire.

Il y a deux grandes tendances qui viennent changer la donne :

  • L’omniprésence du télétravail, qui oblige à faire évoluer les façons dont on communique, hors des corridors
  • La multiplication des messages, qui en bout de ligne, poussent à être plus efficace

« Être porte-parole ne s’improvise pas », est-il écrit dans le texte de la conférence. Quelle est la difficulté majeure de la transmission d’un message ?

Jean Gosselin : Bien comprendre que même quand on est dans une rencontre de questions-réponses, ce n’est pas une conversation. La responsabilité du porte-parole est avant tout de passer des messages.

On veut évidemment que ce soit convivial. Mais il faut toujours garder en tête son rôle. L’objectif d’un porte-parole n’est pas de lancer des messages, mais qu’ils soient retenus.

Comme la capacité d’attention se réduit, il est d’autant plus important d’être percutant sur ses messages et de faire en sorte qu’ils soient facilement retenables.

Est-ce que cela s’apprend ?

Jean Gosselin : Oui, il existe des techniques. Certes, des personnes ont plus de facilité que d’autres. Mais je propose dans cette conférence un survol des bases à maîtriser pour exercer efficacement le rôle de porte-parole et comment répondre aux questions.

Par exemple, lors d’une période de questions, l’objectif n’est paradoxalement pas de répondre à ces questions ! Il faut plus les voir comme une opportunité pour réaffirmer ses messages.

Tu parlais de l’omniprésence du télétravail précédemment. Qu’est-ce que cela change pour les porte-parole ?

Jean Gosselin : Les principes de communication y sont bien différents que devant une salle de 100 personnes. En visio-conférence, on n’a pas de vue d’ensemble de l’audience. On est à 24 pouces de chaque personne, en face à face. De fait, on ne porte pas la même attention aux détails et il faut apprendre à maîtriser ces nouvelles configurations : où porter son regard (caméra vs écran), quelles actions peut-on effectuer en parallèle etc.

Vois-tu des bonnes pratiques ou, à l’inverse, des erreurs fréquemment commises que tu pourrais partager en la matière ?

Jean Gosselin : Parmi les bonnes prises de parole en ce moment, je citerais la nouvelle première ministre, Christine Fréchette. Quand elle parle, on sait qu’elle a un message et on sent une certaine authenticité. En ce moment, elle a le bénéfice de la crédibilité. Dès qu’elle prend la parole, son message est prêt.

Et parmi les erreurs ?

Jean Gosselin : La grande erreur caractéristique, c’est ce qu’on appelle la « cassette ». C’est-à-dire le message clé répété ad nauseam, sans être capable d’y ajouter du contexte et qui sonne faux à longue.

Alors qu’il existe des techniques pour diversifier ses réponses, comme le bridging, qui consiste à prendre en compte la question… mais de ne pas y répondre.

Généralement, ce type d’erreur provient d’une raison principale : le manque de préparation.

C’est la clé pour toi ?

Jean Gosselin : Oui. Comme je dis souvent, même quand tu n’as pas le temps, tu dois prendre le temps ! Se préparer, cela veut dire élaborer ses 4 à 5 messages clés maximum et anticiper les questions qu’on pourrait nous poser. Afin de faire en sorte qu’on n’ait pas l’air désorganisé si elle survient.

Très souvent, on voit des porte-parole qui donnent des réponses trop longues et qui tournent autour du pot… car ils cherchent dans la tête la bonne réponse à donner ! En préparant à l’avance ce que tu veux que les gens retiennent, tu vas directement à l’essentiel… et tu augmentes tes chances d’atteindre ton objectif.


Découvrez la nouvelle conférence de Jean Gosselin :



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