Le paradoxe de l’IA : La génération Z est celle qui l’utilise le plus… mais qui y croit de moins en moins !
Par Kévin Deniau

23 avril 2026
Elle est censée être la génération qui va le plus en bénéficier… et pourtant elle semble prendre ses distances. Voici le surprenant enseignement d’un rapport récent de Gallup sur la relation entre la génération Z (entre 14 et 29 ans) et l’IA. Tentatives d’explications.
L’étude, menée auprès de plus de 1 500 jeunes Américains de 14 à 29 ans entre fin février et début mars, livre un premier constat à rebours des discours traditionnels : l’adoption de l’IA générative par la Gen Z stagne. À peine un répondant sur deux déclare l’utiliser au moins une fois par semaine (22 % tous les jours et 29 % de manière hebdomadaire). Un niveau quasi identique à l’année passée.

Fait surprenant : l’un des grands facteurs d’adoption de l’IA est… l’influence parentale ! 80 % des enfants dont les parents utilisent l’IA quotidiennement s’en servent eux-mêmes au moins chaque semaine, contre seulement 26 % quand les parents n’en utilisent jamais.

Une perception dégradée
Mais l’apprentissage principal de cette étude de Gallup concerne le sentiment de la génération Z à l’égard de l’IA. Plus précisément : la dégradation de sa perception.
L’enthousiasme chute de 14 points (de 36 % à 22 %), l’espoir de 9 points (de 27 % à 18 %), tandis que la colère bondit de 9 points pour atteindre 31 %. L’anxiété, elle, reste stable à 42 %. Seule la curiosité (49 %) domine encore.


Même si les utilisateurs les plus réguliers de l’IA éprouvent globalement des sentiments plus positifs que ceux qui l’utilisent moins, notons que, malgré tout, leur enthousiasme (- 18 points) ainsi que leurs espoirs (- 11 points) s’effondrent tout autant – si ce n’est plus. La familiarité ne suffit donc plus à produire de l’adhésion.
Des doutes sur les apports de l’IA au travail
Comment expliquer ce qui a tout l’air d’un paradoxe, le titre d’ailleurs de ce rapport ?
L’incertitude à l’égard de l’IA reflète sans doute des inquiétudes quant à son impact perçu sur l’apprentissage et la performance au travail. Les jeunes de la Gen Z ne sont pas convaincus que l’intelligence artificielle les aidera à rechercher des informations fiables, à générer de nouvelles idées et à analyser l’information avec rigueur », énonce Gallup.
Ainsi, 38 % estiment qu’elle nuira davantage à leur créativité qu’elle ne les aidera en la matière. Une proportion similaire (42 %) pensent la même chose pour leur esprit critique. La confiance dans ses gains d’efficacité s’érode également : seuls 56 % pensent désormais qu’elle accélère le travail (-10 points) et 46 % qu’elle accélère l’apprentissage (-7 points).
Au final, huit jeunes sur dix jugent « probable » que l’IA rendra leur apprentissage futur plus difficile.

Dans le monde professionnel, le scepticisme vire à la défiance. Parmi les jeunes actifs, 48 % considèrent que les risques de l’IA au travail dépassent ses bénéfices, contre seulement 15 % qui pensent l’inverse. Difficile de leur donner tort alors que l’accès au monde du travail pour certains métiers s’avère de plus en plus délicat.

La démocratisation en cours de l’IA durant les études
Malgré tout, la génération Z reste lucide sur la nécessité d’apprendre à maîtriser ces outils. 52 % estiment qu’ils auront besoin de compétences en IA pour leurs études supérieures (+5 points) et 56 % se disent désormais capables de les acquérir d’ici la fin de leurs études (+12 points).

Il faut dire que les écoles semblent avoir pris le virage : 74 % des élèves rapportent que ces dernières disposent de règles sur l’IA contre 51 % un an plus tôt. Et 65 % acceptent l’usage de l’IA pour les travaux scolaires, soit une hausse de 10 points. Un paradoxe supplémentaire !

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