TruMontréal : quelle valeur ajoutée pour le recruteur à l’heure du big data ? Reviewed by Philippe Jean Poirier on . [caption id="attachment_60637" align="aligncenter" width="677"] Source : courtoisie TruMontréal[/caption] 15 novembre 2018 La 7e « non conférence » de TruMontré [caption id="attachment_60637" align="aligncenter" width="677"] Source : courtoisie TruMontréal[/caption] 15 novembre 2018 La 7e « non conférence » de TruMontré Rating: 0

TruMontréal : quelle valeur ajoutée pour le recruteur à l’heure du big data ?

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Source : courtoisie TruMontréal

15 novembre 2018

La 7e « non conférence » de TruMontréal, qui se déroulait ce mercredi 14 novembre à la galerie d’art Never Apart, et dont Isarta est partenaire, a été l’occasion pour des professionnels du recrutement de réfléchir à leur pratique, dans un contexte où l’intelligence artificielle et l’exploitation de données fait son apparition en RH.

Le concept, d’abord. Ayant vu le jour à Londres, les évènements « Tru » sont des rencontres qui se tiennent de manière informelle et collégiale, sur la thématique du recrutement. Ces rencontres reposent sur trois grands principes :

Pas de conférencier, pas de présentation Powerpoint, pas de badge… explique-t-on sur le site de TruMontréal. L’opposé d’une conférence traditionnelle: liberté, plaisir et échange de connaissances, un vrai cerveau collectif ! #truMontreal permet aux professionnels du recrutement, de la dotation et de la marque employeur de se réunir et d’échanger sur leurs bonnes pratiques. »

La mouture montréalaise de Tru est tenue à bout de bras par Sandrine Théard, recruteuse passionnée à l’origine du site Les Sources humaines. La rencontre a permis à 170 recruteurs et professionnels RH d’échapper au temps froid, dans les salles d’expositions à la fois chaleureuses et exiguës du centre d’art Never Apart, pour venir échanger à bâtons rompus sur leur vision, mais aussi leurs préoccupations liées au métier.

Source : courtoisie TruMontréal

La technologie va-t-elle remplacer le recruteur?

Cette année, la question récurrente qui a traversé plusieurs groupes de discussion a été le positionnement du recruteur par rapport aux technologies émergentes que sont l’intelligence artificielle, l’automatisation des processus RH et l’exploitation des données.

Certains groupes de discussion abordaient directement le sujet, comme celui animé par Jean-Baptiste Audrerie, chef de pratique des technologies RH chez Horizon RH, intitulé « Les technologies d’attraction des talents : quels sont les nouvelles » ou celui animé par Manon Frayssinet, responsable culture chez Busbud, intitulé « Chatbot : utile ou gadget » et portant sur l’expérience interne d’un chatbot recruteur.

La question techno a aussi occupé une grande partie des échanges sur le sourcing, dans un groupe de discussion animé par le trio étoile de l’acquisition de talent, Mireille Couture de BRP, Nicolas Fortin d’Intact et Dominic Lévesque de Randstad.

On doit comprendre le rôle de la technologie, a expliqué Dominic Lévesque. C’est là pour automatiser les tâches administratives qui ont peu de valeur ajoutée, afin de nous libérer du temps pour se concentrer sur les aspects critiques de notre travail. De nos jours, tout le monde a accès aux mêmes bases de données… Ce qui nous permet de se démarquer, c’est la relation que l’on réussit à bâtir avec le candidat.  »

Manon Freyssinet abondait dans le même sens dans son groupe de discussion, rappelant une statistique éloquente : 75% des tâches RH sont répétitives. On peut donc imaginer que la technologie va d’abord et avant tout libérer les recruteurs de ces tâches répétitives.

Mon rêve, ce serait d’avoir un chatbot qui puisse prendre les rendez-vous avec les candidats, en tenant compte des disponibilités de tous les intervenants qui doivent assister à l’entrevue. »

Deux conseillères RH travaillant pour l’entreprise Lightspeed, présentes dans l’assistance, ont expliqué avoir considéré acheter un chatbot pour accomplir cette tâche précise de prise de rendez-vous, mais une étude de retour sur l’investissent les a plutôt convaincu d’embaucher un nouvel employé… comme quoi la technologie n’est pas encore abordable!

Revoir les bases, découvrir de nouvelles pratiques

Heureusement, tout n’est pas à réinventer dans le domaine du recrutement. Un groupe de discussion animé par les conseillères en ressources humaines Caroline Ayotte et Anne-Marie Blais, toutes les deux CRHA, est venu nous le rappeler. Les deux conseillères voulaient ouvrir une discussion sur l’entrevue comportementale, que certains jugent « dépassée ».

Quand j’en parle, j’ai l’impression de me sentir comme un dinosaure, a commencé Caroline Ayotte. Certains commentateurs RH disent que c’est le concept même d’entrevue qui est out. Pourtant, l’entrevue comportementale demeure pour moi la méthode la plus efficace pour évaluer de manière objective les compétences d’un candidat. »

Tout compte fait, il s’est avéré que la grande majorité des participants au groupe de discussion partageait cet avis, continuant toujours d’utiliser la méthode « S.A.R. », où l’on soumet le candidat à une série de Situations fictives ou réelles, afin qu’il en dégage des Actions à entreprendre et des Résultats à obtenir.

Toutefois, deux recruteurs issus du secteur créatif et marketing ont avoué ne pas en voir la pertinence dans le recrutement de talent créatif, où l’on cherche des esprits « moins structurés ». Des recruteurs TI ont également émis quelques réserves, soulignant qu’il fallait aussi et surtout pouvoir évaluer les compétences comportementales et techniques des candidats dans le feu de l’action.

Le responsable de l’expérience candidat chez Gsoft, Florian Pradon, a piqué la curiosité du groupe de discussion quand il a expliqué l’exercice de simulation utilisée dans son entreprise pour évaluer les compétences des candidats. Le « work sample » – ou « la mise en situation de travail » – est un exercice effectué en temps réel où le candidat résout un problème avec l’aide de ses futurs collègues.

L’objectif est de comprendre l’individu que l’on a devant nous, a expliqué Florian Pradon. On veut savoir comment il vit les périodes de stress, dans quelle mesure il accepte de collaborer avec les gens qui l’entourent, etc. Ça nous permet de voir comment la personne réagit dans le feu de l’action! »

Promesse tenue

Beaucoup d’idées, de points de vue, d’échos des tranchées, en cette journée froide de novembre… Comme TruMontréal se dit axé sur la « liberté, le plaisir et l’échange de connaissances », on peut en conclure que la 7e édition a tenu promesse!

 

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