Et si le bonheur se trouvait… dans le «surtravail» ? Reviewed by Philippe Jean Poirier on . 3 octobre 2026 Depuis la pandémie, les professionnels des RH ont ciblé l’équilibre travail-vie personnelle comme principale planche de salut pour le bien-être e 3 octobre 2026 Depuis la pandémie, les professionnels des RH ont ciblé l’équilibre travail-vie personnelle comme principale planche de salut pour le bien-être e Rating: 0

Et si le bonheur se trouvait… dans le «surtravail» ?

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3 octobre 2026

Depuis la pandémie, les professionnels des RH ont ciblé l’équilibre travail-vie personnelle comme principale planche de salut pour le bien-être et la santé mentale. Pourtant, en marge de ce courant, continue de fleurir une culture du « hustle », incarnée par des bourreaux de travail qui donnent tout à leur métier. Que se passe-t-il quand le bonheur et l’épanouissement personnel passent principalement dans le travail? Gros plan sur cette culture du « surtravail ».

Ceux qui aiment travailler ne sont pas à court de mots pour décrire leur passion : ils parlent de la « hustle culture », qui pourrait se traduire par la culture du « jus de bras » ou de « l’effort constant », du « grindset », où la « mentalité du moulinage perpétuel » – imaginons un hamster dans sa cage – , et plus récemment, la culture du «996», qui désigne le fait de travailler de 9 h du matin à 9 h du soir, 6 jours par semaine.

Dans l’ensemble, l’idée est de trimer dur, d’y mettre les heures, le volume, de remettre cent fois sur le métier sans compter les heures, de ne penser qu’au prochain mandat, au prochain client, à la prochaine vente, de foncer, d’y aller «all in» pour la carrière.

La plupart des gens finissent par gâcher leur temps libre, parce que l’oisiveté les rend inefficaces, paresseux et sans motivation. Alors que, plus ils sont débordés, plus ils deviennent actifs dans tout ce qu’ils entreprennent », explique l’auteur Nassim Nicholas Taleb, dans son livre Antifragile: Things That Gain from Disorder.

Le sens et l’excitation

À première vue, il est tentant de penser que la culture du « surtravail » ou de «l’hyperproductivité» n’est qu’une affaire de geeks machos issus de la Silicon Valley – les anciens fondateurs de Paypal Elon Musk et Peter Thiel en ont fait une sorte de religion, surtout le premier, avec son obsession à cumuler les heures de travail comme principal indicateur de succès.

Quand vous lancez une entreprise, vous devez travailler super fort, avait-il déclaré dans un discours de promotion de la USC Marshall School of Business en 2014. (…)Travaillez fort, avait-il insisté, toutes les heures éveillées, c’est ce que je dirais, si vous démarrez une entreprise. Il suffit de faire un simple calcul mathématique : si une personne travaille 50 heures et que vous travaillez 100, vous allez accomplir deux fois plus de choses au cours d’une année. »

Or, en marge de ces représentants très radicaux, existent des personnes plus raisonnables qui prônent eux aussi une vie essentiellement construite autour du travail.

Travailler fort est une sentence de prison seulement si le travail n’a pas de sens, raisonne Malcom Gladwell, dans son livre Outliers: The Story of Success. Dès qu’il y a un sens, ça devient quelque chose d’aussi excitant que d’attraper sa femme par la taille et de danser avec elle. »

Des esprits créatifs ont aussi défendu cette idée. Dans son essai Écriture : Mémoires d’un métier, l’auteur à succès Stephen King a déclaré ceci :

Le talent est plus abondant que le sel de table. Ce qui sépare l’individu talentueux de celui qui réussit, c’est beaucoup de travail acharné. »

Si on remonte encore plus loin, une autre écrivaine américaine a participé à établir le travail comme une vertu fondamentale de l’existence humaine. Dans les années 40 et 50, la philosophe et romancière russo-américaine Ayn Rand a mis en scène des personnages dont l’éthique de travail était aussi dessus de tout soupçon.

La seule chose qui compte, mon objectif, ma récompense, mon commencement et ma fin, c’est le travail lui-même, fait-elle dire à un de ses personnages du roman La source vive. Mon travail, fait à ma façon. »

Elle ajoute encore :

Avant de pouvoir faire des choses pour les autres, il faut être le genre d’homme capable d’accomplir des choses. Mais pour accomplir des choses, vous devez aimer l’action elle-même, et non ses conséquences secondaires. [Vous devez aimer] Le travail, pas les gens. »

Une vision du monde à méditer.




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