Les réseaux sociaux deviennent la première source d’information devant les médias Reviewed by Kévin Deniau on . 1er octobre 2026 C'est une première : les réseaux sociaux et les plateformes vidéo dépassent la télévision et les sites des médias comme première source d'infor 1er octobre 2026 C'est une première : les réseaux sociaux et les plateformes vidéo dépassent la télévision et les sites des médias comme première source d'infor Rating: 0

Les réseaux sociaux deviennent la première source d’information devant les médias

Par

1er octobre 2026

C’est une première : les réseaux sociaux et les plateformes vidéo dépassent la télévision et les sites des médias comme première source d’information. Voici l’un des enseignements marquants de la 15e édition du rapport du Reuters Institute for the Study of Journalism (RISJ), centre de recherche sur les médias rattaché à l’Université d’Oxford. Faits saillants.

L’information se joue désormais sur les plateformes. Selon le rapport 2026 sur l’information en ligne du Reuters Institute, basé sur un sondage réalisée auprès de près de 100 000 personnes dans 48 pays, les réseaux sociaux et vidéos sont désormais la source d’information la plus utilisée au monde, cumulant 54 % des audiences.

Ce sacre tient moins à l’explosion de l’usage de ce canal, qui stagne à ce niveau depuis une dizaine d’années, qu’à l’érosion progressive et régulière de la télévision (passée de 75 % à 52% en 10 ans) et des sites de nouvelles (de 68 % à 51 %).

À noter que ce bouleversement n’a pas encore eu lieu au Canada francophone (mais est plus marqué à l’inverse au Canada anglophone).

La conséquence est directe pour les communicateurs : le public ne vient plus à vous, c’est à vous d’aller le chercher là où il se trouve !

Au Canada, Youtube (35 %), Facebook (33 %) et Instagram (17 %) sont les sources les plus consultées pour s’informer.

La vidéo s’impose comme format par défaut

Dans les 48 marchés étudiés, une majorité de personnes regarde désormais de la vidéo d’actualité en ligne, soit 77 % de l’audience mondiale chaque semaine. Dans 45 marchés, l’audience devance même celle du journal télévisé. Le contenu court, incarné et pensé pour le mobile devient un standard dans l’industrie.

La montée des créateurs et influenceurs redessine également le ton et l’accessibilité de l’information. Même si cela reste encore un phénomène marginal : seulement 3 % des répondants s’informent uniquement par leur intermédiaire et 87 % estiment qu’ils ne couvrent qu’une partie de leurs besoins, voire aucun.

Autre enseignement à retenir : l’usage hebdomadaire des robots conversationnels type ChatGPT pour s’informer est passé de 7 % à 10 % en un an (voire 16 % chez les moins de 35 ans). Surtout, ces utilisateurs cliquent beaucoup moins vers les sources d’origine que ceux qui effectuent une recherche Google. Pointant directement l’enjeu du GEO, le référencement naturel sur ce nouveau canal émergent, pour les marketeurs, afin d’apparaître dans les réponses générées.

La confiance au plus bas

La confiance dans l’information tombe, elle, à 37 %, son plus bas niveau depuis le début de la mesure. Elle a nettement baissé dans 29 des 48 marchés.

Dans le même temps, les inquiétudes face aux fausses informations progressent de 4 points, à 62 %.

À noter que la confiance s’érode différemment selon les différents canaux : 32 % font confiance à l’information issue des moteurs de recherche, 22 % des réseaux sociaux et 20 % des chatbots. Autrement dit, les plateformes captent l’audience à défaut de la crédibilité.

Ce que les communicants peuvent en retenir

Trois pistes se dégagent. D’abord, penser la distribution avant la production : un contenu qui n’existe pas sur les plateformes où se trouve l’audience aura moins de chance d’être visible.

Ensuite, miser sur la vidéo et sur des visages identifiables, sans renoncer à la rigueur.

Enfin, faire de la confiance un actif stratégique : transparence des sources, signature claire et cohérence éditoriale deviennent des différenciants dans un paysage saturé.

Le rapport le résume lui-même : répondre au développement de l’IA générative est le plus grand défi pour les dirigeants de médias et les décideurs publics. Il l’est aussi, désormais, pour ceux qui doivent faire entendre une marque dans cet écosystème.




Retour en haut de la page