Incompétence stratégique, absentéisme sélectif et « humblebrag » : 3 comportements qui rendent si détestable au bureau

18 août 2026
Les humains ont des stratégies cognitives parfois surprenantes. Au travail, chacun fait de son mieux pour se montrer sous son meilleur jour. Mais, en cours de route, des mécanismes de survie s’installent – souvent à notre insu. Voici 3 comportements détestables qui parasitent les milieux de travail.
1. Incompétence stratégique
L’incompétence stratégique est une « technique de persuasion» qui consiste à simuler une incapacité à accomplir une tâche adéquatement, afin d’encourager une autre personne à l’effectuer à sa place.
L’incompétence stratégique est utilisée par les personnes qui ne veulent pas avoir la responsabilité d’une tâche. Il y a une partie de mauvaise volonté mais aussi une partie bénéfique car c’est une façon de se préserver et de s’éviter une charge dont on ne veut pas », a expliqué la psychologue Claire Petin dans le magazine Psychologies.
Les voyants rouges :
- une personne qui vante son inaptitude à la tâche sans ne faire aucune tentative pour apprendre (ex : « ça ne vaut pas la peine que tu m’expliques, je n’ai jamais été bon dans ce domaine »),
- qui met en valeur les aptitudes d’un collègue (« fais-le donc, tu es tellement meilleur que moi »),
- ou qui propose son « aide » plutôt que de prendre la responsabilité entière de la tâche, le meilleur moyen de ne jamais apprendre à la faire
2. L’absentéisme sélectif
Pour rester en emploi, il faut que les gestionnaires pensent du bien de nous. Certains ont ainsi développé l’art de bien paraître en réunion. Ils sont dynamiques, pro-actifs, proposent des solutions, prennent des engagements. Toutefois, quand la réunion est terminée et qu’ils sortent de l’orbite du gestionnaire, ils tombent au neutre.
Dans le monde scientifique, on explore cette question à travers la notion de « gestion de l’impression ». C’est-à -dire la faculté de certains travailleurs de choisir des tâches à haute visibilité (participer aux brainstorming par exemple) tout en fuyant les tâches ingrates à basse visibilité (produire les livrables).
3. Le « humblebrag »
Le terme « humblebrag », que l’on peut traduire librement par « vantardise modeste », a été forgé par l’humoriste américain Harris Wittels en 2010, via un compte Twitter baptisé « @Humblebrag », sur lequel il retweetait les publications qu’il considérait comme telles. Ont suivi une chronique (sur le site Grantland) en 2012 et un livre Humblebrag: The Art of False Modesty.
De manière générale, l’idée est d’énoncer un accomplissement dont on est fier, mais en le décrivant comme un « échec ». Exemples :
- « Je suis déçu, je n’ai pas réussi à avoir 100% dans un examen », alors que la personne a 90% et que la moyenne est 50%
- « Je déteste me lever à 5h du matin pour terminer le rapport trimestriel », alors que les résultats sont bons et que tout le monde est reconnaissant du travail.
- « Il y a rien que je déteste plus que de voyager dans trois fuseaux horaire différents », alors qu’on a la chance d’avoir été choisi pour représenter l’entreprise dans une réunion internationale.
Des chercheurs américains (Sezer, Gino et Norton) se sont penchés sur cette stratégie et en ont conclu ceci:
Les gens choisissent d’avoir recours à la fausse modestie (humblebrag) principalement lorsqu’ils sont motivés à susciter de la sympathie et impressionner les autres. Bien que l’on croit que combiner la vantardise avec la plainte permet de récolter les bénéfices de chaque stratégie, nous constatons que la fausse modestie n’apporte les avantages ni de l’une, ni de l’autre. Au contraire, cette stratégie se retourne contre son auteur parce qu’elle est perçue comme un manque de sincérité.»
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RH
