L’Étoffe du succès : l’organisme montréalais qui veut redonner confiance aux femmes

19 mai 2026
En mars dernier, l’organisme international « Dress for success » a fait une refonte de son offre de services d’aide aux femmes, en misant sur l’approche des « 5D ». Nous avons profité de l’occasion pour discuter de ce projet d’employabilité unique en son genre, avec la directrice général du chapitre montréalais, Sophie Katz-Milo.
Ah… je peux être belle. »
Six ans plus tard, Sophie Katz-Milo se souvient encore des mots prononcés par une participante rencontrée à la sortie d’une cabine d’essayage de l’organisme Dress for Success (ou L’Étoffe du succès en français), peu de temps après son entrée en poste.
L’organisme offre des services de styliste gratuit à des femmes qui veulent réintégrer le marché du travail ou effectuer une réorientation professionnelle. Sophie Katz-Milo a un pincement au cœur en repensant à cette personne qui ne s’était jamais trouvée «belle»:
Quand on entend cela, il y a plein de choses qui rentrent dans votre tête : est-ce que cette personne a vécu un abus verbal? Est-ce de la part d’un parent, d’un conjoint, d’un partenaire, des amis? »
L’Étoffe du succès s’adresse à une clientèle de femmes qui ont été éprouvé par la vie: des femmes immigrantes, réfugiées, qui ont subi des violences physiques et sexuelles, des femmes appartenant à la communauté LGBT+, des anciennes détenues. Des femmes qui ont aussi perdu leurs repères à la suite d’une importante reconversion professionnelle.
Les participantes reçoivent l’avis d’un styliste professionnel, lors d’une séance de 90 minutes. Elles repartent avec quelques tenues de travail gratuites, ainsi qu’un manteau et un sac. L’objectif est de leur redonner confiance.
La confiance en soi, c’est la première chose qu’on doit avoir pour trouver sa place sur le marché du travail, explique Sophie Katz-Milo. Quand les participantes sortent de la cabine d’essayage, c’est comme un miroir magique. Il y a une transformation qui s’opère. Elles portent un regard différent sur elles-mêmes. »
Origines new-yorkaises
Le projet a été lancé à New York en 1997, par Nancy Lublin – il compte aujourd’hui 130 adresses dans 15 pays. Le chapitre montréalais a été cofondé en 2014, par Véronique Boivin et Carolina Manganelli. Depuis 2020, il est dirigé par Sophie Katz-Milo. Sous sa gouverne, la cinquantaine de bénévoles actifs ont reçu près de 1 000 femmes dans leur local du Mile-End, pour une séance d’essayage gratuite.
C’est le point de départ pour faire émerger une nouvelle identité professionnelle. Le travail – et l’accompagnement – évidemment, ne s’arrête pas là. Depuis sa fondation, l’organisme a toujours offert une aide ponctuelle en employabilité, que ce soit à travers la relecture de CV, du réseautage, du coaching pour la recherche d’emploi ou le passage d’une entrevue. Or, depuis peu, ce volet a été formalisé.
L’approche des « 5D »
En mars dernier, l’entité internationale a officiellement refondé son offre de services de bénévolat autour des 5D : Dress, Dream, Develop, Drive, Donate (en français : s’habiller, rêver, développer, propulser et donner). Ces intentions se concrétisent à travers deux nouveaux programmes offerts par le chapitre montréalais : Potenti’ELLE (qui s’adresse aux femmes de 30 ans et moins) et réseau des femmes actions (qui s’adresse aux femmes de 30 ans et plus).
Les femmes qui intègrent le programme Potenti’ELLE participent à des rencontres de groupe pour clarifier leur parcours professionnel, obtenir de l’aide à la rédaction de CV, la préparation pour les entrevues et, plus largement, le développement de compétences professionnelles », illustre la DG.
À l’origine du projet, l’organisme ne prenait que des candidatures référées par des partenaires communautaires. Toutefois, depuis la pandémie, le chapitre montréalais a décidé de démocratiser l’accès à ses services en permettant aux femmes de s’autoréférencer en remplissant un formulaire sur le site.
Chaque femme a un parcours unique. Nous offrons un accompagnement personnalisé, qui tient compte de leurs besoins particuliers », assure Sophie Katz-Milo.
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