L’heure est-elle à la réduction des avantages sociaux ?

10 juin 2026
Des sondages récents en provenance du Royaume-Uni (Robert Walters) et des États-Unis (ResumeBuilder) montrent une tendance grandissante des employeurs à réduire leurs avantages sociaux. Voyons comment cela se répercute sur le marché canadien et québécois.
La question est loin d’être théorique. Selon le sondage de la firme Robert Walters (mars 2026), 43 % des employeurs du Royaume-Uni ont déjà réduit leurs avantages sociaux au cours des 12 derniers mois. Ils prévoient même de faire de nouvelles coupures dans le prochain trimestre : moins de bonus de fin d’année, recul sur les politiques de vacances flexibles etc.
Aux États-Unis, le sondage de ResumeBuilder (mars 2026) révèle que 54% des entreprises ont transvasé le budget des avantages sociaux vers celui… des investissements en IA ! La hache est tombée sur les bonus (61%), les actions ou les royautés accordées (60%), voire sur le salaire de base (43%).
La hausse du prix des médicaments inquiète
Au Canada, les avantages sociaux sont également un sujet de préoccupation pour les employeurs, mais ce n’est pas pour des raisons des investissements en IA. Ce qui préoccupe réellement les employeurs (à hauteur de 82%), c’est la hausse des coûts directement liés à la couverture des avantages sociaux (par exemple, le prix des médicaments).
Pour maximiser les avantages sociaux tout en maintenant leur accessibilité, les organisations devront déterminer avec précision les besoins et les attentes de leurs employés avec l’aide d’un courtier capable de les aider à exploiter l’analyse des données », peut-on dans une analyse de Hub International.
Les employeurs ont encore du travail à faire pour comprendre les besoins spécifiques et particuliers de leurs employés. Selon un sondage canadien mené par RBC Assurances en mai 2025, 75 % des femmes souhaitent bénéficier d’avantages sociaux axés sur la santé des femmes, notamment en matière de fertilité et de ménopause.
Cap sur la personnalisation de la couverture
Nous avons lancé un petit coup de sonde aux CRHA pour comprendre l’humeur des employeurs québécois :

On constate une forte propension à la personnalisation des coutures d’avantages sociaux. Mélanie Plante, consultante en stratégie RH, n’est pas surprise par cette volonté des employeurs québécois.
On n’a jamais eu autant de générations à cohabiter sur le marché du travail, explique-t-elle. Avec des profils aussi différents, des priorités aussi variées, prétendre qu’une offre standard peut satisfaire tout le monde relève presque de la pensée magique. Mon point de vue est clair : une offre qui convient à tous ne satisfait peut-être personne. »
Au-delà de la personnalisation, Mélanie Plante rappelle que les salariés recherchent avant tout de la flexibilité.
Pas seulement dans les horaires ou le lieu de travail, mais dans la façon dont la rémunération globale est structurée. Que ce soit le choix entre plus de vacances ou une prime, entre une contribution élevée au régime de retraite ou un accès à de la formation… La flexibilité doit devenir un principe de conception de l’offre, pas un avantage accessoire. »
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