Comment rendre mes diplômes infalsifiables?

8 octobre 2026
À une époque où il devient de plus en plus difficile de séparer le vrai du faux, la méfiance s’installe entre les candidats et les employeurs. Dans un sondage de novembre 2025, on apprenait déjà à l’époque que 74% des recruteurs se disaient plus préoccupés que jamais par des «diplômes contrefaits, de l’hypertrucage ou de la fausse représentation» dans le CV. Explorons les options qui s’offrent aux candidats qui veulent démontrer l’authenticité de leur parcours académique.
En 2018, nous avons relayé sur Isarta le lancement d’une première plateforme de CV sur la chaîne de blocs. Et même si l’idée était séduisante à l’époque – inscrire son CV directement dans un endroit numérique infalsifiable – le concept de WorkID développé par WorkChain n’a jamais pas réellement décollé. Aujourd’hui, l’approche ne consiste plus à authentifier son CV, mais plutôt son parcours académique ou professionnel.
Les écoles de cycles supérieurs ont ouvert le bal dans les années 2000. Pour l’anecdote, l’Université de Nicosie à Chypre s’attribue l’honneur d’avoir été la première université au monde à remettre un diplôme ancré sur Bitcoin. Mais l’offensive plus sérieuse est venue par la suite, de la part du MIT, qui est à l’origine du projet phare Blockcerts, qui a servi de modèle pour plusieurs universités dans le monde.
Vous n’avez qu’à demander à votre institution d’émettre vos relevés de notes en utilisant l’application Blockcerts, explique-t-on dans le descriptif du projet. Une fois connecté, vous serez en mesure de recevoir vos relevés numériques et de les importer dans l’application mobile – ce qui signifie que vous pouvez recréer un parcours d’apprentissage et de réalisation de toute une vie, à travers toutes les écoles et les employeurs que vous avez eu.»
Les plateformes BCdiploma (présentes en France et au Canada) et Digitary CORE (Australie, en Nouvelle-Zélande, au Royaume-Uni et en Irlande) propose une expérience similaire. Le candidat crée une «empreinte numérique unique», à la fois permanente et infalsifiable, qu’il peut partager par un code QR, intégré dans le CV traditionnel. C’est le chemin le plus robuste qui s’offre actuellement aux candidats, principalement parce qu’il est fiable et largement reconnu.
Alternative à la chaîne de blocs
Des solutions numériques plus légères existent pour authentifier un parcours de formation académique ou professionnelle. On perd l’aspect «inaltérable» d’une identité numérique ou d’une empreinte «blockchain», mais on gagne en facilité d’utilisation. Il est possible de recourir aux «coffres numériques» nationaux créés par les réseaux universitaires. En utilisant des plateformes comme MesCertif au Canada ou le National Student Clearinghouse, les candidats peuvent partager à un futur employeur un accès temporaire à des relevés de notes.
Des applications commerciales offrent un service similaire, comme Certn (volet éducation du portail candidat), Qualification Check et ZippedScript. En 2022, nous avions obtenu une entrevue avec le fondateur de l’application ZippedScript, Chris Harper. Sa plateforme se veut une passerelle entre les candidats, les écoles et les employeurs.
Les candidats doivent y entrent leurs codes d’accès vers l’université qu’ils ont fréquenté, ZippedScript valide les relevés de notes et rend cette information disponible dans l’interface employeur. Après son lancement de 2022, la plateforme n’a obtenu aucune mention médiatique jusqu’à l’année dernière, où elle annonçait avoir obtenu un financement de 3,5 millions en capital de risque.
Nous avons une industrie [du recrutement] bloquée dans le passé, qui utilisait des méthodes obsolètes et inefficaces », indique Chris Harper, sur Yahoo!Finance. Notre objectif est de créer un processus de vérification fluide et mondial, qui donne des résultats en quelques minutes plutôt qu’en plusieurs jours ou semaines. »
De toute évidence, les candidats et les employeurs n’ont pas encore à leur disposition la solution parfaite.
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